PKKMIÈRK PARTIE, — CHAP. VI
nous, tel que Dieu , étant autre chose que la perception intime de nos propres pensées ou idées , ne saurait être prouvée d’une éi'idence mélaphyaique prise eu ce sens-là ; ou bien il faudrait que nos propres perceptions, qui no sont que nousmêmes, fussent au même temps autre chose que nous-mêmes; ce qui est incompréhensible.
Quelques géomètres se méprennent visiblement , en se figurànt que 1^ choses démontrées par la géométrie , existent, hors de leur pensée, telles qu’elles sont dans leur esprit, par la démonstration qu’ils en forment. Pour toucher au doigt leur méprise, ils n’ont qu’à se rappeler le globe parfait^ dont les propriétés se démontrent, quoiqu’il n’existo nullement.
49. La géométrie ne prouve rien du tout de l’existence des choses : mais seulement ce qu’elles sont , supposé qu’elles existent réellement telles que l’esprit les conçoit. Aussi toutes les choses existantes créées fussent-elles anéanties , la géométrie n’y perdrait pas un seul point de ses démonstrations ; et le globe n’en serait pas moins une figure ronde, dont tous les points de la circonférence seraient [larfaitement éloignés du centre.
50. 11 demeure donc constant que, par l’évidence métaphysique, prise au sens que nous venons de dire, on ne peut rien démontrer que ce qui nous est intime à nous-mêmes, et rien de l’existence de ce qui en est différent. C’est pourquoi , à moins que de supposer que Dieu et nous-mêmes nous sommes un même être, il sera impossible de trouver une démonstration métaphysique (au sens que nous disons) de l’existence de Dieu; et, par conséquent, il sera inutile de la chercher ; puisque toute vérité sur un objet différent de nos idées et de noire perception intime, n’est jioint susceptiblo de celte sorte d’évidence *.
’ \oyet la noie (A), ù la fin de la V' partie.
THA1TÊ DES PREMifeRES VÉRITÉS.