CHAPITRE VII
■NouTelIc cxposilion, avec des evcmplcs, des caracléres cssenliels aux premières vérilès.
.^)I. Lp promier de ces caracU'res est qu’elles soient si claires, que quand on entrejrrend de les prouver ou de les attaquer, on ne le puisse faire que par des propositions qui manifestement ne sont ni plus claires ni plus certaines ;
52. — D'iMro si univei-sellement reçues parmi les hommes en tout temps, en tous lieux, et par toutes sortes d’esprits, que ceux qui les attaquent se trouvent, dans le genre humain , être manifestement moins d’un contre cent , ou même contre mille ;
53. — D’être si fortement imprimées dans nous, que nous y conformions notre conduite, malgré h's rafrmemcnls de ceux qui imaginent des opinions contraires, et qui eux-inèmos agissent conformément, non à leurs opinions imaginées, mais aux premières vérités univei'sellement reçues.
54. 11 est aisé de vérifier par ces trois caractères les pro- ])Ositions qui doivent être regardées comme premières vérités. En effet , si par exemple un homme entreprend de révoquer en doute que nous soyons certains de l'existence des corps, par quelle proposition dont je sois plus certain peut-il me rien prouver ou pour ou contre cette vérité? Dira-t-il , d’un côté, que Dieu m’en a donné l’idée , et que si cette idée n’était ]>as vraie, ce serait Dieu qui me tromperait? Ce raisonnement contient trois ou quatre propositions, dont chacune assurément n’est ni plus claire ni plus immédiate à mon es])rit, (pje cette vérité ; lî y a iIck corps; au contraire, saint Paul, qui savait beaucoup mieux que nos philosophes les véritables ])reuves de l’existence de Dieu , nous dit que cet cire invisible se connaft par les choses risibles. Les chos(*s