PREMIÈRE PARTIE. — CHAP. XIX
précédent des mômes sens, 3®. ni par le témoignage actuel d’un autre de nos sens , i®. nf par le U^moignage des sens des autres hommes, il est indubitable qu’alors le témoignage des sens est un genre de première vérité.
\ 37. Le témoignage des sens ne tombe pas sur toutes les parties de l’objet dont ils sont frappés, puisque, cet objet ne fait point d’impression sur nous par un grand nombre de ses parties; car leur petitesse passri infiniment la portée de nos sens, qui par conséquent se trouvent incapables de nous faire connaître tout ce qu’est en lui-méme cet objet.
138. Que m’en apprendront-ils donc infailliblemenr? tout ce qui est, comme je l’ai dit, d’un usage ordinaire pour l’entretien de la vie : par exemple, que tel corps est liquide et non pas dur ou massif, que du pain est une nourriture solide et que l’eau est propre à le délayer, qu’il fait jour à certaines heures et qu'il fait nuit en d’autres , que le temps est pluvieux ou serein , et ainsi des autres vérités usuelles.
Mais, dira-t-on, ne se peut-il pas faire, au moins par miracle, que nos sens nous trompent, même dans les circonstances que nous avons rapportées? Il est vrai ; aussi , la certitude de nos sens n’est-elle que dans l’ordre naturel qu’elle suppose, et hors duquel elle n’étend point ses prérogatives; c’est ce qui de soi-même se conçoit suffisamment sans avoir besoin d’une longue explication.