‹ Œuvres philosophiques du père Buffier de la Compagnie de JésusChapitre 60 sur 138 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Du possible et de l’impossible.

256. Le possible dans toute son étendue doit être joint à l’article de Vinfini; car en considérant que tout ce qui est possible est tel qu’il est impossible d’en concevoir davantage, il est manifeste que par cet endroit 1e possible est un infini ; c’est l’infinité même de la puissance de Dieu.

257. Il ne faut donc pas s’étonner, après ce que nous avons établi dans le chapitre précédent, si on ne sait que répondre à cette question : Tout ce qui est possible peut-il exister ? Car, en prenant de la sorte le possible dans toute son étendue , (juelque chose qu’on réponde, ce sera un abîme où notre es])rit se perdra. Si l’on dit que tout ce qui est possible ne peut pas exister, dès-là même il n’est donc pas possible ; et si d'ailleurs on dit que tout ce qui est possible peut exister, on peut donc supposer son existence ; or, dans cette supposition , il n’y aura plus rien de possible au delà de ce qui existerait par la supposition ; ce qui paraît manifestement faux. En effet , quel que soit le nombre des choses qui existeraient, il y aurait encore du possible ; la toute-puisance de Dieu ne pouvant jamais être épuisée ; et par conséquent tout le iK)ssible qu’on supposerait exister n’existerait pourtant pas.

258. C’est par là qu’on peut toucher au doigt la faiblesse de la piV'tendue démonstration sur l’existence de Dieu, laquelle a exercé tant d’esprits, soit pour la défendre, soit pour l’attaquer. La dispute subsiste peut-être encore aujourd’hui, faute de la réllexion que nous faisons ici. Lorsque Descartes

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