‹ Œuvres philosophiques du père Buffier de la Compagnie de JésusChapitre 88 sur 138 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Des relations.

376. Il est évident que nous trouvons divers endroits et divers regards dans un même objet. Quand un de ces endroits ou regards nous donne sujet de penser à un autre ; c'est ce que j’appelle relation ; et ce premier objet , en tant qu’il nous donne occasion d’en faire une comparaison avec un auta> , est ce qu’en terme de l'école on appelle , ce me semble, fondemenl de la relation.

377. On définit ordinairement la relation en disant que c’est le rapport d'une chose à une autre , en latin respectas unius adaliud; mais comme relation et rapport sont formellement la même idée , c’est-à-dire cpie la relation est la relation d’une chose à une autre, reste toujours également à démêler ce que c’est que relation ou rapport, et en quoi elle consiste. Il me semble qu’elle serait mieux définie , comme je l’ai dit d’abord, l’occflsjon que donne un objet, par certain endroit, dépenser à un autre objet.

378. M. Le Clerc veut expliquer la chose en disant que la relation est l'idée d’un objet qui enferme l’idée d'un autre objet. Il ajoute qu’il n’est aucune chose qui ne puisse faire penser à une autre; mais si chaque chose peut nous faire penser à une autre, dès là même elle est relative. Pourquoi donc appelons-nous les unes plutôt relatives que les autres; ou comment chaque chose ne nous fait-elle pas penser à une autre? C'est ce que M. Le Clerc n’explique pas. Voici comment on le peut faire.

379. Chaque chose ou plutôt chaque idée totale de chose (excepté l’idée de l’être pris en général) est composée do plusieurs idées jiartielles ; par exemple , l'idée de l'homme résulte des itiêes partielles d’animal o\ do raisonnable, etc.

Page 1