TROISIÈME PARTIE. — CHAP. III
de différence dans ces^opérations, nous nous figurons plus ou moins de facultés différentes d’où elles procèdent ; bien que ces facultés ne soient au fond et réellement qu’une seule et même substance, qui est l’àme. Mais dans cette substance unique, je n’ai jamais vu confondre, si ce n’est par M. Locke, la faculté à' intelligence avec la faculté de liberté; et je crois même qu’il est impossible de les confondre , pour peu qu’on y fasse d’attention. L’àme n’est-elle pas capable de penser? En la considérant simplement par cet endroit , je l’appelle entendement o\x intelligence. N’est-elle pas capable en certaines occasions de vouloir à son gré et à son choix une chose, ou de ne la vouloir pas ? Par cet endroit je l’appelle liberté. Que si l’on aimait mieux n’admettre dans l’àme que deux facultés principales à quoi les autres se rapportassent , savoir : l’entendement et la volonté, il est manifeste (jue la capacité de vouloir une chose, ou de ne la vouloir ]ias, se rapporte jdus immédiatement et plus naturellement à la volonté qu’à l’entendement.
Les termes étant développés de la sorte, il paraîtra dans les dix ou douze grandes pages de M. Locke sur ce sujet, beaucoup d’embarras qu’il aurait pu s’épargner. Il est surprenant que M. Le Clerc ait eu le courage de copier tant d’obscurités, sans avoir cherché à s’y faire jour. On a soupçonné ces auteurs d’avoir des raisons secrtdes. Cependant nous tâcherons , dans ce que nous allons dire, de suppléer à ce qu’ils n’ont pas dit.