CHAPITRE III
Pc la libcrlc de IVinio humaine.
41 0. Il est certain d’abord qu’il est en nous (piehpie chose que nous aiipelous liberté : nous nous entendons quand nous prononç(;ns ce mot. l't par consé(pient nous y attachons une
idée. Cette idée e:^t ce que nous éprouvons en nous, dans ce que nous appelons e.rercice de notre liberté : ce ([ui étant un sentiment intime, est aussi par conséquent une idée la plus claire et la plus distincte qui puisse être.
416. Je dcMiiande donc que chacun se rappelle ce qu’il pense, quand il entend dire à d’autres, ou qu’il dit lui-méme : Je suis libre sur tel point, et je ferai là-dessus ce (fuil me plaira ; par exemple, sur le choix de deux louis d’or qu'on me présente, si l’on s’avise de me soutenir stVieusement que je suis nécessité à prendre l'un plutét que l’autre, pour rt'ponse Je me mets à rh-e ; tant je suis intimement et nécessairement persuadé qu’il est en mon pouvoir de prendre le premier et non le second , ou de prendre le second et non le premier. Quelques-uns disent que cet exemple ne montre point un exercice de liberté ; parce qu’il ne se trouve pas des raisons d’un côté plutôt que de l’autre, pour prendre un des deux louis d’or plutôt que l’autre. Cette réflexion est hors de propos. Il no s’agit pas de savoir ici s’il faut une raison , et quelle raison il faut, pour l’exercice de la liberté; mais il s’agit de savoir s’il n’est pas en mon pouvoir de prendre un des deux louis d’or préférablement à l’autre. Car enfin on ne saurait donner de la liberté une idée plus simple et plus nette (pic celle que touséprouventdans l’exemple quej’énonce ; permis à chacun de se faire tant qu’il lui plaira un langage à part. C’est néanmoins à l’idée que j’ai dite, que les homiiu's communément attachent le mot de lilterlè; et pour définir ce qu’il signifie, je dis que c’est la disposition qu’éprouve l'homme en lui-même, de ixmvoir agir ou ne pas agir, choisir ou ne choisir jms une 7nême chose, dans le même moment.
417. Quelques-uns font encore l’objection suivante : Nous avons bien le sentiment que nous prenons un des deux louis d'or, et non pas l’autre, mais non pas que nous puissions nous abstenir de le prendre.