‹ Œuvres; poésie, poèmes en proseChapitre 14 sur 59 · IMPIÉTÉS · texte numérisé non relu

IMPIÉTÉS

Mais — tandis qu'au loin sa narine avide Qjiéte les parfums du saint encensoir — Il songe, en son âme infidèle et vide, Q}i'il est beau, tenant ainsi Tostensoir;

Qjie, sur son manteau de pourpre, rutile Une gloire large et de divers ors, Comme le soleil que le soir mutile Luit sur le charnier des nuages morts.

n songe qu'un peuple obscur le contemple, Cbi'au fond d'un brouillard lourd de senteurs, l'œil Voit uniquement dans la nuit du temple L'Évêque splendide en son rouge orgueil.

Et, les yeux emplis d'ivresse extatique, Le prêtre, usurpant au Christ défié L'hommage royal du dévot cantique.

Sur l'autel qu'il sert s'est déifié.

Chère, je t'ai dit des messes hautaines.

Sans y croire, ainsi qu'un prêtre mauvais, Pour que le regard des foules lointaines Me trouvât très beau lorsque je levais

— Évêque vêtu de fières étoffes — L'ostensoir des vers aux riches^ splendeurs.

Et je n'agitais l'encensoir des strophes Que pour m'enivrer avec ses odeurs.

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