‹ Œuvres; poésie, poèmes en proseChapitre 15 sur 59 · LA 'D^O^E E'H. "DEUIL · texte numérisé non relu

LA 'D^O^E E'H. "DEUIL

tA Camille 'Bloch.

La dame en deuil, parmi les glycines des treilles, Erre languissamment dans les longues allées Où des senteurs de fruits et de grappes foulées Flottent en l'air vibrant d'une rumeur d'abeilles.

Ses mains blondes avec une lente indolence Saccagent en passant des lys et des verveines, Et chaque fois qu'au loin sonnent les heures vaines Ses grands chiens familiers hurlent dans le silence.

Par les grilles, là-bas, à travers les champs calmes Elle regarde fuir la route grise et plate, Et voici que paraît en manteau d'écarlate Un cavalier portant des roses et des palmes.

« Viens, ô dame en deuil, vers les vallons De joie et de paix; allons ensemble Cueillir aux jardins des Avalions La fleur en exil qui te ressemble.

« Viens, à mon baiser qui t'implorait Des lèvres de reine étaient amères :

Pour venir à toi, dans la forêt J'ai tué la Guivre et les Chimères.

« Viens I Dans des pays blonds de soleil.

Nous nous aimerons sur l'or des grèves...

Notre amour sera comme un sommeil Où nous deviendrons nos propres rêves, »

Elle, le regard plein de clémences souffrantes, Tend son bras vers la plaine heureuse et monotone : « Cavalier, tes chansons d'amour sont enivrantes Et splendides ainsi que les raisins d'automne.

« Mais ton âme aurait peur dans mon âme nocturne. O cavalier, je ne suis pas celle qu'on aime.

Va-t'en ! je veux rester la veuve taciturne De mes rêves d'antan que j'ai tués moi-même.

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