NOTICE BIOGRAPHIQUE III
trop tôt pour Vart; mais cet être doux et hon, à qui Jamais nous ne connûmes d'inimitiés, était de ceux-là, les justes, à qui Dieu veut épargner les douloureuses luttes, les injures et les haines, les mille tourments qui assaillent notre vie. Semblable à C£ Solitaire qu'il a si magnifiquement suscité, il a vu, un soir d'été, briller dans les empyrées «r la lumière des yeux fraternels. »
Toujours le pressentiment de cette mort prématurée l'avait hanté; il apparaît sans cesse en ses vers qu'agite une intense et frissonnante mélancolie, et le prophétique cri a jailli un jour de ses lèvres :
Mais je n'endormirai jamais mon âme triste Dans la sérénité des rêves accomplis.
Et cela fut ainsi. Il est parti I II est allé ailleurs achever son rêve, son beau rêve de pur artiste et de divin poète. Lui qui sut les mots « couleur de ciel, d'aurore et de pnntemps, » et ceux aussi que teintent les crépuscules moroses, qu'assombrissent les funèbres nuits; lui qui connaissait les rhythmes herceurs et tendres et les rhythnes glorieux et les rhythmes tragiques, il les profère désormais par ces cieux auxquels il croyait, et peut-être le faut-il envier, car il est maintenant initié aux ineffables paroles.