‹ Œuvres; poésie, poèmes en proseChapitre 36 sur 59 · LA FORÊT SACRÉE III · texte numérisé non relu

LA FORÊT SACRÉE III

Mon urne de déesse épand Teau douloureuse, Mais j'ignore à jamais ses sonores secrets.

LE PRINCE, à un Sylphe.

Toi?

LE SYLPHE

Les menthes des champs naissent de mon haleine, Les baisers dispersés dans le vent du printemps Suscitent les grands lys triomphaux dans la plaine, Ma pitié met des fleurs sur le deuil des étangs.

LE PRINCE

Dis-moi, Sylphe, pour quelle ineffable venue Tu prépares les clairs chemins? Pourquoi cet or. Et ces tapis couvrant au loin la terre nue?

Attends-tu chaque année un dieu qui tarde encor?

LE SYLPHE

Je ne sais pas. Je vis. J'empourpre les ramures, Car c'est la tâche inexpiable que je dois; Je ne sais pas pourquoi je fais saigner les mûres Des branches et s'guvrir les roses sous mes doigts...

LE PRINCE, à un Gnome.

Toi, Gnome en noir qui ris arvec des dents méchantes. Pourquoi dans ton poing dur cette serpe de fer Et quelle est la chanson mauvaise que tu chantes ?

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