LA REINE DES FÉES
Eh I que t'importe, à toi. Seigneur des vastes rêves,
Si là-bas, par delà les vagues et les grèves.
En un soir de baisers tristes, quelques amants
S'éveillent et s'ont pris de longs frissonnements
En écoutant sonner parmi les mers austères
Le grave appel de mes clochers vers les mystères?
LE PRINCE
Reine de la mer, pitié, pitié pour euxl
Ne trouble pas le clair sommeil des amoureux,
La paix des doux, la paix des gloires enfantines,
Et qu'ils ne sonnent pas les mauvaises matines.
Tes durs clochers parlant trop haut des cieux lointains.
pays parfumés de menthes et de thyms,
vergers puérils, langoureuses venelles.
Voici que le regret des vierges éternelles
Va faire mépriser des hommes le printemps.
Ils ne vont plus savoir les rires éclatants
Et les baisers heureux sur les gorges éprises.
Ne livre pas tes cheveux saints aux viles brises...
Les enfants vont mourir du péché de te voir.
Il6 FRAGMENTS DE POÉSIES
Sois bonne, sois clémente, et fais le ciel si noir due nous ne puissons plus contempler nos pensées ; Étends la nuit sur les sagesses insensées, Et ne fais pas crouler les pierres de nos murs Par ta terrible voix criant des mots trop purs.
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S'tniïtent de ciel calme et de sautagt ê!è.
Extasiés de vivre et frissonoaDt eDcore
Il8 FRAGMENTS DE POÉSIES
Puis, mal désenlacés parmi les lys tremblants, Ils murmurent ainsi que des mots de prière Leurs noms puissants : un nom de reine meurtrière, Un nom de chef crié jadis aux soirs sanglants.
Akhilleusl Hélène!... Le cortège des cygnes Les guide vers la mer d'ombre bleue et d'or brun. Et le rivage et le vent du large et l'embrun Ont pour eux des parfums de moissons et de vignes.
De grands aigles charmés leur apportent des cieux Une offrande de fruits et de branches fleuries; Les ruches s'entr'ouvrant comme des nefs meurtries Leur livrent doucement l'or des miels précieux.
La reine respirant des roses ténébreuses Sourit parfois au souvenir des vains linceuls. Et dans leur bon exil, victorieux et seuls, Ils s'aiment à jamais au bord des mers heureuses.
Droites sur l'étrier, et nues,
Et brandissant l'arc de bois noir,
Les Amazones sont venues
Sur leurs chevaux couleur de soir.