EBAUCHES DE POÉSIES
Des conquérants viendront vers le doux pays triste Où Tair trop calme est alourdi de trop de rêve ; Ils viendront, brandissant joyeusement les glaives. Comme des vendangeurs ivres agitent des thyrses.
Ils souffleront dans les clairons triomphants. Dans les grandes cornes de cuivre et d'ivoire ; Dans les buccins et les oli&nts Ils souffleront éperdument vers les victoires.
Et dans les conques prises aux plages
Ils sonneront l'appel évocateur des îles
Qui parfument les mers de fruits mûrs et d'aromates
Et fleurissent au loin l'eau des golfes tranquilles.
Ils chanteront des chants farouches d'allégresse.
Ils frapperont avec leurs poings lourds
La porte mal close qui garde la tour
Où nous sommes captifs de nos seules paresses.
tAvril i8ço.