EBAUCHES DE POESIES
'est un soir de silence et de deuil tendre, Tous les lys du jardin tremblent un peu ; Les ormes de l'allée ont l'air d'attendre, On dirait que les vents pleurent un dieu.
Et les cygnes ont peur sur l'eau.
l-'E ciel, ce soir, est un rideau de fière pourpre Et d'or féroce et d'orageuses broderies.
Ëcoute I au delà des champs on entend sourdre Je ne sais quel bruit de magiques cavaleries.
Peut-être le rideau solennel et sanglant
Va s'ouvrir, brusquement déchiré de lumière,
Et les chevaux cabrés, les grands chevaux fauves et blancs,
Comme une écume d'or secouant leurs crinières.
Vont peut-être jaillir hors des clartés terribles
Tels que des monstres élancés des eaux marines.