‹ Œuvres; poésie, poèmes en proseChapitre 43 sur 59 · EBAUCHES DE POESIES · texte numérisé non relu

EBAUCHES DE POESIES

'est un soir de silence et de deuil tendre, Tous les lys du jardin tremblent un peu ; Les ormes de l'allée ont l'air d'attendre, On dirait que les vents pleurent un dieu.

Et les cygnes ont peur sur l'eau.

l-'E ciel, ce soir, est un rideau de fière pourpre Et d'or féroce et d'orageuses broderies.

Ëcoute I au delà des champs on entend sourdre Je ne sais quel bruit de magiques cavaleries.

Peut-être le rideau solennel et sanglant

Va s'ouvrir, brusquement déchiré de lumière,

Et les chevaux cabrés, les grands chevaux fauves et blancs,

Comme une écume d'or secouant leurs crinières.

Vont peut-être jaillir hors des clartés terribles

Tels que des monstres élancés des eaux marines.

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