SCÈNE II
BRITANNÏCUS, AGRIPPINE, JUNIE.
AGRIPPINE
Prince, que tardez-vous? Partez en diligence. Néron impatient se plaint de votre absence. La joie et le plaisir de tous les conviés Attend, pour éclater, que vous vous embrassiez. Ne faites point languir une si juste envie ; Allez. Et nous, madame, allons chez Octavie.
* Sdon rAcadémie, le mot téjour s'emploie ordinairement pout désigner le temps pendant lequel on demeure dand un même lieu et dans un même pays; ainsi, Ton fait un séjour h la campagne: mais ce que TAcademie ne dit pas, c*est que ce mot ne peut se dire du court espace de tempe qui s^écoule pendant Tentretien de deux personnes. Ce n'est point faire un séjour chez un ami que de lui rendre une visite d*un instant. Le mot séjùur ne peut donc être employé en parlant de Tentrevue rapide de lunie et de Britannicus. Il semble que le mot propre soit absence. Ce sont ces légères nuancer dans la signification des mots qui font la richesse de notre langue, et surtout de notre langue poétique.
* Cette expression, que le temps a bannie de la tragédie, est répétée trois fois dans vingt-sept vers : ma princesse , ma ehére princesse , et ma belle princesse.
Allez, belle Junie; et, d'un esprit content, Hâtez-Yous d'embrasser ma sœur qui vous attend * . Dès que je le pourrai , je reviens sur vos traces' , Madame, et de vos soins j'irai vous rendre grâces.