‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 187 sur 326 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ANTIOGHUS, ARSACE.

ARSACE

Ah! quel heureux destin en ces lieux vous renvoie •, Seigneur?

' Selon Louis Racine, un bonheur oU f aspiré esk exact » un bonheur où je pense ne Test pas. La grammaire donne la raison suivante de cette espèce de bizarrerie : le mot oit sTemploîe dans lesensd^mifiMt, avec un verbe qui mafque une sorte de mouvement, tel qu*«pirer, prtUndre; mais avec un verbe de repos , tel que penser ^ il signifie toujours dans lequel, D*après cette règle, qui souffre peut-être quelques exceptions en poésie , le vers de Racine est réprébensible, parce qu'on ne peut pas dire un bonheur dans lequel je pense,

' Louis Racine demande ce qu'est devenu Antiochus , à qui Titus avait dit : Voyezla reine: et pourquoi Arsace est mieux instruit que lui de ce qui vient de se passer chca Bérénice. On peut nftpendre ce qu'il est fort naturel de supposer : qu'Antiocbi», persuadé par les dernières paroles de Titus qu'a ne reverra Béiénioe que pour se réconcilier atee elle, n'a pas voulu d'abord être témoin de leur raccommodement , et qu'ensuite

ANTIOCHUS

Si mon retour t'apporte quelque joie ^ Arsace, rends-en grâce à mon seul désespoir.

ARSAGE.

La reine part, seigneur.

ANTIOGHDS.

Elle part?

ARSAGE.

Dès ce soir :

Ses ordres sont donnés. Elle s'est offensée Que Titus à ses pleurs Tait si longtemps laissée. Un généreux dépit succède à sa fureur : Bérénice renonce à Rome , à l'empereur ; Et même veut partir avant que Rome instruite Puisse voir son désordre et jouir de sa fuite. Elle écrit à César.

ANTIOGHUS.

0 ciel! qui l'aurait cru?

Et Titus?

ARSAGE.

A ses yeux Titus n'a point paru.

Le peuple avec transport l'arrête et l'environne , Applaudissant aux noms que le sénat lui donne ; Et ces noms^ ces respects^ ces applaudissements. Deviennent pour Titus autant d'engagements , Qui , le liant , seigneur^ d'une honorable chaîne , Malgré tous ses soupirs^ et les pleurs de la reine. Fixent dans son devoir ses vœux irrésolus. C'en est fait : et peut-être il ne la verra plus.

ringuiétude naturelle aux amants malheureux Ta ramené vers Tappartement de la reine. G*est oe que semblent dire ces vers sur son retour : . .••EaMli>«i8iioeiiiionwuld4ietpoir.

Le spectateur, entièrement occupé ici de Titus et de Bérénice, Test si peu d*Antiochus, que je ne pense pas que Tauteur fût obligé de rendre un compte plus détaillé des motife de son absence. ( L. )

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