RUTILE
BOtlLB.
Seigneur^ tous les tribuns^ les consuls ^ le sénat ^ Viennent vous demander au nom de tout FÉtat. Un grand peuple les suit^ qui, plein d'impatience , Dans votre appartement attend votre présence.
Je vous entends^ grands dieux! vous voulez rassurer €e cœur que vous voyez tout prêt à s'égarer !
PAULIN
Venez, seigneur, passons dans la chambre prochaine :
' Cette scène et la suivante, qui semblent être peu de chose, me paraissent parfaites. Antiochus joue le rôle d*un homme qui est supérieur à sa passion. Titus est attendri et ébranlé comme il doit Tétre; et dans le moment le sénat vient le féliciter d'une victoire qu^il craint de remporter sur lui-même. Ce sont des ressorts presque imperceptibles qui agissent puissamment sur Tàme. H y a mille fois plus d'art dans cette belle simplicité que dans cette foule d^incidents dont on a chargé tant de tragédies. Corneille a aussi le mérite de n*avoir jamais recours à cette malheureuse et stérile fécondité qui entasse événements sur événements ; mais il n'a pas Tart de Racine, de trouver dans l'incident le plus simple le dévebppement du cœur humain. ( Volt. ) ^ De ces observations si supérieurement conçues , il résulte que c*est par inadvertance que Voltaire, dans sa note sur le dernier vers de la scène sixième, disait que tous ces actes pmssaienî faibUmefii. Ce n*est pas finir faiblement que de finir par deux scènes parfoites. Mais tout ce qu'on peut conclure de cette inattention, c'est que Voltaire, qui en général travaillait vite, et ^oi a dû écrire ce commentaire comme une lettre , ne s'est pas aperçu que la scène sixième ne finissait pas l'acte > et n'est pas revenu ensuite sur l'inexactitude de sa note . ( L. )
BiCllIB. — T. II. 19
Allons voir lo stWt*.
ANTIOCHUS
Ah! courez chez la reine.
PAULIN
Quoi! vous pourriez, seigneur, par cette indignité , De l'empire à vos pieds fouler la majesté? Rome...
TITCS.
Il suffit, Paulin; nous allons les entendre.
(à Aatiochus. )
Prince, de ce devoir je ne puis me défendre. Voyez la reine. Allez. J'espère, à mon retour, Qu'elle ne pourra plus douter de mon amour-.
I Var. Allons , seigneur, passons dans la chambre prochaine : Venez vofr le sénat
^ Après ces vers, il y avait dans les andennes éditions uiie scèue d*Ai>
tiochus avec Arsace , qui était la neuvième et dernière du quatrième acte.
Racine la supprima depuis, et nous la rétablissons ici.
Arsace , que dis-tu de toute ma conduite? Rien ne pouvait tantôt s'opposer k ma fuite. Béréflice et Titos aCfensiiettt mes regards. Je partaift pour jamais. Voilà comme ]e pars. Je rentre , et dans les pleurs je retrouve la reine. J'oublie en même temps ma vengeance et sa haine ; Je m'attendris aux pleurs qn'un rrrat fait couler ; Moi-même à son secours Je le vien» appeler ; El, si sa diligence eût secondé man zèle, J'allais » vietorieiix , te cooduirer auprès d'elle. Malheureux que je suis ! avec quelle chaleur Je travaille sans cesse à mon propre malheur l C'en est trop. De Titus porte-hii les promesses , Arsace. Je rougis de toutes mes faiblesBeSk liésespéré , eonfos , à moi-roéne adteux , Laisse-moi s je me veux caeher même k tes veux.
Ce quatrième acte a conduit et soatenn Taction paor des ress<»*tsiDapercepm>les jttsqu^au point où il semble qu*«ile doive se ienomet : oa B^atiend plus qu'une scène , et Racine va nous donner encore un acte. ( 6. >