ACTE I. SCENE I
Même témérité , pénis y craintes communes , Lièrent pour jamais leurs cœurs et leurs fortunes. Ceux mêmes dont les yeux les devaient éclairer^ Sortis de leurs devoirs, n'osèrent y rentrer.
OSMIN
Quoi ! Roxane y d'abord leur découvrant son àme Osa-t»elle à leurs yeux faire éclater sa flamme?
ACOHAT.
Ils l'ignorent encore; et, jusques à ce jour,
Atalide a prêté son nom à cet amour.
Du père d'Amurat Atalide est la nièce ;
Et même avec ses fils partageant sa tendresse ,
Elle a vu son enfance élevée avec eux*.
Du prince, en apparence , elle reçoit les vœux ;
Mais elle les reçoit pour les rendre à Roxane ,
Et veut bien , sous son nom, qu'il aime la sultane.
Cependant, cher Osmin, pour s'appuyer de moi,
L'un et l'autre ont promis Atalide à ma foi \
OSHIN.
Quoi! VOUS l'aimez, seigneur?
ACOMAT
youdrai&-tu qu'à mon &ge Je fisse de* l'anxpur le vil apprentissage * ?
' Vab. Du père d'Amurat Atalide la nièce ,
Qui même avec ses fils partagea sa tendresse , Et fat dans ce palais élevée avec eux.
' L'un et Vduire , c'esf>è-dire Roxane et Bajazet. Ltméaa dd Boisjermain demande comment Bajazet, qui aime et est aimé d*Atalide, a pu promettre oette princesse à Acomat : c'est que Bajazet ne se fait aucun scru* pale de tromper Acomat, et qu'il s'en fait beaucoup trop de tromper Roxane. Nous verrons que cette contradiction est un des défauts de son r6le. (L;) '
^ Gomme ces deux vers élèvent tout d'un coup le vizir à sa juste hauteur, et lui donnent uàe place à part dans une révolution politique où Tamour doit jouer un si grand r61e , ainsi que cela doit être dans le sérail , et dans le sérail où commande Roxane ! ^ L.)
BAGINE. f> T. II. 21
Qu'an cœur qu*ODt endurci la fatigue et les ans Suivit d'un vain plaisir les conseils imprudents? C'est par d'autres attraits qu'elle plaît à ma vue : J'aime en elle le sang dont elle est descendue. Par elle Bajazet^ en m'approchant de lui, Me va contre lui«mème assurer un appui. Un vizir aux sultans fidt toujours quelcpie ombrage; A peine ils l'ont choisi , qu'ils craignent leur ouvrage. Sa dépouille est un bien qu'ils veulent recueillir. Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir. Bajaxet aujourd'hui m'honore et me caresse; Ses périls tous les jours réveillent sa tendresse : Ce même Bajazet, sur le trône affermi , Méconnaîtra peut^tre un inutile ami.
Et moi^ si mon devoir, si ma foi ne l'arrête. S'il ose quelque jour me demander ma tête... Je ne m'explique point, Osmin , mais je prétends Que du moins il faudra la demander longtemps. Je sais rendre aux sultans de fidèles services ; Mais je laisse au vulgaire adorer leurs caprices. Et ne me pique point du scrupule insensé De bénir mon trépas quand ils l'ont prononcé ^ Voilà donc de ces lieux ce qui m'ouvre Centrée, Et comme enfin Roxane à mes yeux s'est montrée. Invisible d'abord, elle entendait ma voix ,
' iMYârspréoédenta peignent les Tares, et oeBd8ia<^ peigttttitAcomat. On sent que oe vieux guerrier est bien capable de a'élerer aa*^essus des préjugés religîettx de sa nation, etiilefeitaeatirendeuxniaCB. Cette scène excède la mesure ordinaire; elle a plus de deuxeents vers. Pourquoi ne paratt-elle pas trc^ longue? G*ert qu*il n*7 a rien d*inatile« c'est que partout ony admire la fidélité dans les .mœuis, et Télégance dans Texpression. (L.) — On a fait à Racine quelques cfaicanasgrammaticales sur cette façon de parler, prowmcar U trépas: elle est tiéejuste, très^beUe, et très-heureuse. Pr&noncé vaut mieux quViiM«é . et , dans cette occasion , a tout à fait le même sens. ( 6. )