‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 207 sur 326 · ROXANE ATALIDE, ACOMAT, OSMIN · texte numérisé non relu

ROXANE ATALIDE, ACOMAT, OSMIN

ZATIME, ZAÏRE.

ACOMAT

La vérité s'accorde avec la renommée , Madame. Osmin a vu le sultan et l'armée. Le superbe Amurat est toujours inquiet^ Et toujours tous les cœurs penchent vers Bajaset : D'une commune voix ils rappellent au trûne. Cependant les Persans marchaient vers Babylone y Et bientôt les deux camps au pied de son rempart Devaient de la bataille éprouver le hasard. Ce combat doit, dii-on, fiixer nos destinées; Et méme^ si d'Osmin je compte les journées Le ciel en a déjà réglé Tévénement , Et le sultan triomphe ou fuit en ce moment.

' Acomat me parait TefTort de Tesprit humain. Je ne vois i^en dans l'antiquité, ni chez Isa Hiodeniea, qui ant dans ce caractère; et la beautédela dietîMile relève encore : psa on aeul vert on dur ouMble, pas ta n»t qm M idt le met propre ; jamaia dé iublime hora d*cittvre , qoi OMS tiora d'être sabUme; jamais ds disaertatioa étrangère au aujet, toniia lesceavenaims parfaitement ebacnréee. Enfin, ce r61e me parait â'aotaat idua adsmrahle , qu'il se trouve dans la seule trasédie où Pon pouvait rintroduire, et qu'il aurait été déplacé partout ailleurs. (Volt.)

ai.

32^ BÀJAZËT.

Déclarons-nous ; madame /et rompons le silence :

Fermoiis-lui dès ce jour les portes de Byzance ;

Et , sans nous informer s'il triomphe ou s'il f uit ^

Croyez-moi , hàtons-nous d'en prévenir le bruit.

S'il fuit, que craignez-vous? s'il triomphe, au contraire^

Le conseil le plus prompt est le plus salutaire ' .

Vous voudrez /mais trop tard, soustraire à son pouvoir

Un peuple dans ses murs prêt à le recevoir.

Pour moi , j'ai su déjà par mes brigues secrètes

Gagner de notre loi les sacrés interprètes :

Je sais combien, crédule en sa dévotion.

Le peuple suit le frein de la religion.

îSouffrez que Bajazet voie enfin la lumière :

Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrière* ;

Déployez en son nom cet étendard fatal ' ,

Des extrêmes périls l'ordinaire signal.

Les peuples , prévenus de ce nom favorable

Savent que sa vertu le rend seule coupable.

D'ailleurs, un bruit confus, par mes soins confirmé.

Fait croire heureusement à ce peuple alarmé

Qu'Amurat le dédaigne, et veut loin de Byzance

Transporter désormais son trône et sa présence.

Déclarons le péril dont son frère est pressé ;

Montrons Tordre cruel qui vous fut adressé ;

Surtout qu'il se déclare et se montre lui*-mème,

£f fasse voir ce front digne du diadème.

ROIIÂNE.

11 suffit. Je tiendrai tout ce que j'ai promis.

' Vab. Le conseil le plus prorapt est le pins néoessaire.

' Partout ailleurs cette expression, 2a harHkreda vnur$f serait impropre; mais ici elle est juste, parce ^'il s^agit des murs d*un sèraii.

' Cet étendard fatal est la bannière de Mahomet, gardée religieuse- ^ m^t dans le trésor du prince. Lorsqu'elle est arborée, tous les sujets , depuis Tàge de sept ans, sont obligés de prendre les armés et de se ranger sous cetirapeau. (L. B. )

Page 1