ACTE 1, S€Èni£ III
J'en reçus la puisfianoe aussi biea que le titre'; Et des jours de son frère il me laissa l'arbitre. Mais ce même Amurat ne me promit jamais Que rhymea dût un jour eoFuronner ses bienfaits : Et moi^ qui n'aspûnûs qu'à cette seule gloire , De ses autres Uenfiats j'ai perdu la mémoire\ Toutefois^ que 8ert41 de me justifier?
Bigaaet^ U est vrai, m'a tout fait ouUier. ' Malgré tous ses malheurs, plus heureux que son frère , U m'a plu, sans peui-ètre adirer A me plaire ; Femmes, gardes, viair, pour lui j'ai tout séduit; En un mot, vous voyez jusqu'où je Tai conduit. Grâces è mon amour, je me suis bien servie Du pouvoir qu' Amurat me donna sur sa vie*. Bajazet touche presque au trône des sultans : Il ne faut plus qu'un pas; mais c'est où je l'attends. Malgré tout mon amour, si dans cette journée * U ne m'attache à lui par un juste hyménée ; S'il ose m'alléguer une odieuse loi , Quand je fiais tout pour lui, s'il ne fait tout pour moi^ Dès le même moment, sans songer si je l'aime^ Sans consulter enfin si je me perds moi-même %
' Le poète n*a point encore appris aux spectateurs quel estlecafac- (èfe de Rosane : c*ert eUe-méme qui» dès qu'elle parait» le Cait counattire; c*eit par eUe qa*oa apprend qu*elle est ambitieuse, Ûèrei yuàlente, ingrate, et perfide. Parce qu'elle n'a point encore reçu d*Amurat le titra d'èpottse, elle a oublié toutes les preuves qu'elle a reçues de asti HQMonr : eUe veuA donner son otÉur à Bajaset; et la pnaàm Im qu*eUe le verra» elle lé naenacera de la mort s'il ne l'épouse, et lui proposera toujouis ou sa main ou la mort. C'est dans la Turquie que le poëte place cet horrible caractère. ( L. R, )
' Selon la grammaire , c'est la vie d'Amurat ; mais le sens indique clairement que c'est la vie de Bajazet. (G. )
* vaiu QaeiqM40itaKai«iioar,«i dans cette JonniéB...
* Ces vers contiennent le germe de toute l'intrigue; ilâ motivent et
328 BAJAZËT.
J'abandonne Tingrat^ et le laisse rentrer Dans l'état malheureux d'où je Tai su tirer. Voilà sur quoi je veux que Bajazét prononce : Sa perte ou son salut dépend de sa réponse. Je ne vous presse point de vouloir aujourd'hui Me prêter votre voix pour m'èxpliquer à lui * ; Je veux que^ devant moi, sa boudbe et son visage Me découvrent son cœur sans me laisser d'ombrage; Que lui-même^ en secret amené dans ces lieux. Sans être préparé se présente à mes yeux. Adieu. Vous saurez tout après cette eutrevue.