BAJAZET, ATALIDE, ZAÏRE
BAiAZET.
C'en est fait, j'ai parlé, vous êtes obéie.
Vous n'aves plus, madame, à craindre pour ma vie;
' CroUre est un verbe neutre. Suivant Richelet, on peut le faire actif en vers, et, ce qui vaut mieux que raatorité de Richelet, Racine Ta employé activemeat , non-seulement dans ce vers , mais dans ipMgénie et dans Esther. (G. ) -^ Le Dictionnaire -de TAcadémie dit expressément que eroiiref dans le sens à'mt^mMnèet, est actif en poésie.
' N*était que^ pourri te n'étaii que, peut trouver place dans la poésie légère ; mais n'est point asses noble pour la poésie soutRuxe. Il en est de vaêxùQ die vois-^epM» pour ne wU-je pa$, qu'cm trouve un peu plus loin. Racine et Voltaire se sont quelquefois permis cette liœiice. Le mot (W^ocke, dans le vers suivant, ne peut être dit pour entrevue. Il y a impropriété d'expression.
Et je serais heureux^ si la foi^ si rhonneur^
Ne me reprochaient point mon injuste bonheur^ ;
Si mon cœur^ dont le trouble en secret me condamne ^
Pouvait me pardonner aussi bien que Roxane.
Hais enfin je me vois les armes à la main;
Je suis libre; et je puis contre un frère inhumain ,
Non plus par le silence aidé de votre adresse^
Disputer en ces lieux le cœur de sa maltresse ,
Mais par de vrais combats^ par de nobles dangers^
Moi-même le cherchant aux climats étrangers^
Lui disputer les cœurs du peuple et de Tarmée ,
Et pour juge entre nous prendre la renommée.
Que vois-je? Qu'avez-vous? Vous pleurez*!
4TAUnE.
Non, seigneur, Je ne murmure point contre votre bonheur : Le ciel, le juste ciel vous devait ce miracle. Vous savez si jamais j'y formai quelque obstacle Tant que j'ai respiré, vos yeux me sont témoins Que votre seul pérU occupait tous mes soins; Et puisqu'il ne pouvait finir qu'avec ma vie. C'est sans regret aussi que je la sacrifie. Il est vrai, si le ciel eût écouté mes vœux. Qu'il pouvait m'accorder un trépas plus heureux : Vous n'en auriez pas moins épousé ma rivale; Vous pouviez l'assurer de la foi conjugale; Mais vous n'auriez pas joint à ce titre d'époux Tous ces gages d'amour qu'elle a reçus de vous*.
* Var. Et j« serais benrenx > si Je pouvais goûter
Quelque bonheur, au prix qu'il vient de m'en coûter.
^ Voilà le germe du Zaïre» vous pleurez! La situation est plus vive dans Zaïre ; le mot est mieux placé ; il n'est pas précédé de ces locutions oiseuses qw vois-je f qWavez-wms? qui en détruisent tout Teffet. (6. )
' ûages d'amour^ façon de parler peu tragique, et qui revient trop souvent dans cette pièce. (G.)