‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 240 sur 326 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ROXANE, ATALIDE,ZATÏME.

Madame , j'ai reçu des lettres de l'armée *. De tout ce qui s'y passe ètes-vous informée ?

ATALIDE

On m'a dit que du camp un esclave est venu : Le reste est un secret qui ne m'est pas connu.

ROXIAICE.

Amurat est heureux : la fortune est changée^ Madame^ et sous ses lois Babylone est rangée.

ATALIOE.

Hé quoi, madame ! Osmin . . .

ROXANE

Était mal averti*; Et depuis son départ cet esclave est parti. C'en est fait.

ATALIDE^ à pftrt.

Quel revers !

' Ce vers fût relefré parles critiques, eomme étant de la oonvactation femiHère : la âtuation le rend admirable. IHi UHrei de Vanm, ian» les circoQstanceg où Ton est» ne peuvent apporter qu'un arrêt de mort contre Bajazet. Ce seul mot doit épouvanter Atalide ; et quand Texpresàon n*a rien d*ignoble en elle-môme, c*est un mérite vraiment dramatique de fiiire trembler avec les mois les plus ordînaires, et qui paiiont ailleora seraient la ehooe du monda la plus simple. (L. }

' Terme imiHK>pre en cette occasion. Le mot propre était mal instruit, "*^' informé: car Osmin n*a reçu aucun avis, aucune nouvelle, et c'est ^ios ce cas seulement quMl eût pu être mal averti. Du reste , tout le dialogue de cette scène est un modèle de précision , de justesse et d*art.

Pour comble de disgr&ces y Le sultan , qui l'envoie, est parti sur ses traces.

ATALIBE.

Quoi ! les Persans armés ne Tarrétent donc pas?

ROXANE

Non y madame : vers nous il revient à grands pas.

ATALIBE.

Que je vous plains , madame I et qu'il est nécessaire D'aclievef promptement ce que vous vouliez faire!

ROXANE

Il est tard de vouloir s'opposer au vainqueur.

ATALIBE^ à part.

Ociel!

ROXANE

Le temps n'a point adouci sa rigueur.

Vous voyez dans mes mains sa volonté suprême.

ATALIBE.

Et que vous mande-t-il?

ROXANE

Voyez : lisez vous-même.

Vous connaissez , madame , et là lettre et le seing.

ATALIBE.

Du cruel Amurat je reconnais la main.

(Bile lit.)

(c Avant que Babylone éprouvât ma puissance , « Je vous ai fait porter mes ordres absolus : ic Je ne veux point douter de votre obéissance , tt Et crois que maintenant Bajazet ne vit plus, a Je laisse sous mes lois Babylone asservie , <( Et confirme en partant mon ordre souverain. et Vous, si vous avez soin de votre propre vie, a Ne vous montrez à moi que sa tète à la main. »

ROXANE

Hé bien?

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