‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 258 sur 326 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ATALIDE, ZATIME.

Hélas ! pour qui mon cœur doilril faire des vœux?

J'ignore quel dessein les anime tous deux.

Si de tant de malheurs quelque pitié te touche ,

Je ne demande point, Zatime, que ta bouche

Trahisse en ma faveur Roxane et son secret :

Mais, de grâce , dis-moi ce que fait Bajazet.

L'as-tu vu? Pour ses jours n'ai-je encor rien à craindre ?

ne veut et ne doit pas inspirer d*aatre sentiment pour Roxane. Cette férocité froide et tranquille est dans les mœurs du sérail. Hennione n*est pas si calme quand elle a ordonné le meurtre de Pyrrhus. (G. )

* Zatime n*apprend rien à Roxane du sort de Bajazet ; Roxane ne témoigne sur cet objet aucune curiosité , quoiqu'elle eût recommandé à Zatime de venir lui apprendre le sort de Bajazet; mais le poète a besoin que le spectateur Tignore, et Ton aperçoit trop le besoin du poëte. (G.

ZATIMË.

Madame^ en vos malheurs je ne puis que vous plaindre.

ATALIDE

Quoi! Roxanedéjà l'a-lrelle condamné?

ZATIME.

Madame , le secret m^est surtout ordonné.

ATALIDE

Malheureuse ; dis-moi seulement s'il respire.

ZATIUE.

Il y va de ma vie^ et je ne puisi rien dire.

ATALIDE

Ah ! c'en est trop , cruelle ! Achève , et que ta main Lui donne de ton zèle un gage plus certain ; Perce toi-même un cœur que ton silence accable^ D'une esclave barbare esclave impitoyable ; Précipite des jours qu'elle me veut ravir ; Montre-toi, s'il se peut, digne de la servir. Tu me retiens en vain, et, dès cette même heure, « Il faut que je le voie, ou du moins que je meure.

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