ACTE II, SCÈNE II. 4Z
MONIME
Est aussi malheureux qne Je suis misérable. . . Il m'adore^ Phœdime; et les mêmes douleurs Qui m'affyigeaient iei , le tourmentaieat ailleurs.
FBOBOIHE.
Sait-il en sa faveur jusqu'où va votre estime? Sait-il que vous l'aimez?
MONIME
Il rîgnore^ PfacBdime.
Les dieux m'ont secourue ; et mon cœur , affermi , N'a rien dit^ ou du moins n'a parlé qu'à demi. Hélas i si tu savais, pour garder le silence^ Combien ce triste cœur s'est fait de violence ^ Quels assauts, quels combats j'ai tantôt soutenus? Phœdime, si je puis, je ne le verrai plus : Malgré tous les efforts que je pourrais me faire , Je verrais ses douleurs, je ne pourrais me taire. Il viendra malgré moi m'arracher cet aveu : Mais n'importe, s'il m'aime ^ il en jouira peu ; Je lui vendrai si cher ce bonheur qu'il ignore^ Qu'il vaudrait mieux pour lui qu'il l'ignor&t encore.
PHOEBIHE.
On vient. Que faites-vous, madame?
BfONIHE.
Je ne puis :
Je ne paraîtrai point dans le trouble où je suis.