SCÈNE I
MONIME,PHaEDIME.
PHOBDIME*
Quoi! vous êtes ici quand Mithridate arrive M Quand, pour le recevoir y chacun court sur la rive I Que faites-vous, madame? et quel ressouvenir Tout à coup vous arrête , et vous fait revenir? N'offenserez-vous point un roi qui vous adore , Qui, presque votre époux...
MONIME
Il ne Test pas encore , Phœdime; et jusque-là je crois que mon devoir Est de l'attendre ici sans l'aller recevoir.
phobdiue.
Mais ce n'est point, madame, un amant ordinaire. Songez qu'à ce grand roi promise par un père, Vous avez de ses feux un gage solennel Qu'il peut, quand il voudra, confirmer à l'autel. Croyez-moi, montrez-vous; venez à sa rencontre.
MONIME
Regarde en quel état tu veux que je me montre :
* Cette première scène ne satisfait pas Timpatience et Faridité du spectateur ; elle ne lui apprend rien de nouveau : c*est une conversation entre Monime et sa confidente, il est vrai, très-toucbante; mais c'est toujours une conyersation : rien ne s'est passé dans Tentr^acte; et les choses , au commencement du second acte , sont dans le même état où elles se trouvaient à la fin du premier. G*est un défaut très-rare dan» Racine. (6.)
■ACmi. — T. II. 2S
4U MITHRÏDATE.
Vois ce visage en pleurs; et, loin de lé chercher *, Dis-moi plutôt, di»-moi que je m'aiHe caeher.
PHOEDIME.
Que dites-vous ? 0 dieux !
MONIIIE.
Ah ! retour qui meHue l Malheureuse ! comment paraltrai-je à sa vue^ Son diadème au front, et dans la fond du cœur, Phœdime... Tu m'entends, et tu vois ma rougeur.
PHOBDIME.
Ainsi vous retombez dans les mêmes alarmes
Qui vous ont dans la Grèce arraché tant de larmes;
Et toujours Xipharès revient vous traverser'.
MONIMB.
Mon malheur est plus grand que tu ne peux penseur : Xipharès ne s'offrait alors à ma mémoire Que tout plein de vertus, que tout brillant de gloire ; Et je ne savais pas que, pour moi plein de feux, Xipharès des mortels fàt le plus amoureux. . .
PHŒDIME.
ïl VOUS aime, madame ? Et ce héros aimable. ..
' L« est beaucoup trop éloi^è da nocn auquel il se rappcH*tey et il semble, selon la grammaire, se rapporter k vi$agt. Queie m* aille cacher est une expression qui manque aujourd'hui de noblesse. Mais ce vers renfei*me une faute plus grave. Loin de signifie loin que, avec le sujet du verbe suivant; ainsi ces versdittQi grammaticalement : loin que tu le cherches, 4iM0i^, e4 ca n'eal pas la pensée de &acine; il làudrait : loin de me dire de le chercher, dis-moi , etc. La même foute se retrouve dans iitidromague, acte lYy scène T.
'. Trêwre» si^pùfie susciter des obstadas. Il ne pouvait être emplofè ici quA dana le cas où Xlpharôs se serait cwosé à Texéeution dea projets de Monime. Le mot trouUer était le mot pr(H^« Un peu plus loin, ces mots de /«nur ei à'amêwreux, un hém atmahU auui mnOMiireuM qtie Monime est nneérabh : tout e^a n'e^ pas du style de U tragédie.