SCÈNE m
MITHRIDATE, ARBATE.
HITHEIDATE.
Enfin, après un an, tu me revois, Arbate : Non plus, comme aula^efois, cet heureux Mithridate Qui , de Rome toujours balançant le destin , Tenait entre ellô et moi l'univers incertain : Je suis vaincu. Pompée a^aisi l'avantage* D'une nuit qui laissait peu de place au courage' : Mes soldats presque nus, dans l'ombre intimidés. Les rangs de toutes parts mal pris et mal gardés,
' Cette entrée de Mithridate est magnifique : elle aurait dû commencer Tacte. Luneau la compare avec celle de Pfaarasmane dans Rhada^ «liste ; c*est-à-dire queLCrébillon Ta empruntée de Racine. On rapporte que Baron y lorsqn^il jouait Mithridate, faisait connais parla différence de ses inflexions la différence qu^jl mettait entre ses deux fils : il disait vous, U Ponl, d*un ton dur et menaçant , qui exprimait sa haine contre Pharnace ; mais il disait voim, Colclmf , avec bonté et d'an ton paternel , qui marquait son affection pour Xipbarès. ( G. )
^ Avec quel art ces mots , je «vis vaincu , suspendent le vers ! Ce sont là les secrets de la yersification , et c*est ainsi qu'on varie les formes de notre alexandrin. ( L. )
' Laiiser peu déplace au courage est ici une expression neuve et har^ die , pour dire empêcher le courage d'agir, le rendra inutile. (6. )