ACTE H, SCÈNE m. 43Î
Le désordre partout redoublant les alarmes y Nous-mêmes contre nous tournant nos propres armés ^ Les cris cpie les rochers renvoyaient plu3 affreux y Enfin toute Vhorreur d'un combat ténébreux^ : Que pouvait la valeur dans ce trouble funeste ' 1 Les uns sont morts ^ la fuite a sauvé tout le l'esté ; Et je ne dois la vie, en ce commun effroi ,
' Voici le récit qu'en fait Plutarque : « Les plus vieux capitaines et « che& de bandes lui firent tant de prières (à Pompée) et tant de re* « montrances, que finalement ils Tesmeurent à foire tout promptement « donner Tassaut , parce qu'il ne Ijaisoit pas si obscur qu^on ne vist du « tout goutte , à cause que la lune , qui ^toit basse et prochaine de son «( coucher, rendoit encore assez de clarté pour voir les corps des hommes : « mais, pour ce qu'eUe baissoit fort, les ombres, qui s'estendoient bien a plus loin que les corps, atteignoient de tout loin les ennemis, de sorte « qu'ils ne pouvoient pour cela juger certainement la vraie distance « qu'il y avoit jusques à eux ; et , comme s'ils eussent été tout auprès « d'eux , ils leur lançoient leurs dards et javelots , dont ils n'assenoient « personne, pour ce qu'ils estoient trop l(nn. Ce que voyant iea Ro«^ a mains , leur coururent sus , avec grands cris : mais les Barbares ne « les osèrent attendre ; ains s'effroyèrent, et leur tournèrent le dos , en <i fu/ant à val de route , là où il en fut fait une grande boucherie : car « il y en eut de tuez là plus de dix mille, et fut leur camp mesme pris. «Quant àMithridates, il fendit la presse des Romains dès le comment « cément de la meslée, avec bien environ huit cents chevaux, et passa « outre : mais incontinent ses gens s'écartèrent , les uns de çà, les autres « de là, en manière qu'il se trouva seul avec trois autres. » ( Vie de Pompée , chap. ix. )
' mes «oMots, hs rangs, le désordre. Us cris, Vhorreur ; tous ces nominatifs devraient être suivis d'un verbe» et le sont d'une exclamation :
Que pouvait la vaksor dans ce trouble fimettet Cette hardiesse produit un grand effet. Nous en avons déjà remarqué un exemple dans la description que fait Bérénice de Tapothéose de Vespaâen. Quant à la construction grammaticale, l'esprit supplée facilement ces mots sous-entendus, figurez-vous, représentez-vous ^ et la phrase devient çlus vive par cette ellipse , sans être moins correcte. La HarpQ remarque que l'ellipse est en général un des moyens les plus féconds pour imiter les divers mouvements de Vâme , qui doivent être ceux du discours.
Qu'au bruit de mon trépas que je laisse après moi. Quelque temps inconnu y j'ai traversé le Phase; Et de là, pénéteint jusqu'au pied du Caucase^ Bientôt dans des vaisseaux sur rEuÂn préparés y J'ai rejoint de m^on camp les restes séparés. Voilà par quel3 maUieufs poossédans leBpsçliorey J'y trouve des malheurs qui m'attendaient encore. Toujours du même amour tu me vois enflammé : Ce cœur nourri de sang^ et dje guerre affamé S Malgré le faix des ans et du sort qui m'opprime^ Traîne partout l'amour qui l'attache àMoaime^ Et n'a point d'ennemis qui lui soient odieux Plus que deu;c £ll3 ingrats que je tix)uve eu ces lieux .
Deux fils, seigneur?
Écoute. A travers ma colèi^e^ j!e veux hien distioguer Xiphai?ès de son frère : Je sais que, de tout temps à mes ordres soumis > 11 hait autant que moi nos communs ennemis ; Et j'ai vu. sa valeur , à me plaire attachée y Jujriifieir pow lui ma tendresse cadiée* ; Je sais même, je sais avec quel désespoir > A tout autre intérêt préférant son devoir y
* Mithridftte est im viâillarà. amoureax et jaJkmx mwamc quel art hapoètea sa ennoblir cet «moar et œttejaioiuie! Le voi de Pont se reproche k lui-môme cette pasaon maUieuciease^ et son «flipor est tragique et teinîlMe, panoequ^il fait eraindjne ponr la vie de soafils. I>>iaeurs}a ridiosae et rénargie du rtyle suffiraient seules poor ennoite la passion de Mttlffidate vnimrri de sann^et de §ft»reûffmé; queHeppéoe ! Mpéle feâx ée$ ans, indm pwrtoui TamMir; queUes iaoagiBs ! Tout est beau , tout est noble a¥ec cette force à'eKptesanoa» {G. )
' Ma îêndrme cachée est bien remarquable. U n'y a que BliUuidate qui soit assez profoodément dissimulé pour cocker à ses enfiants même la tendjrasse qu'il a. pour eux. ( L. )
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