‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 29 sur 326 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

Tel que vous me voyez ^ monsieur ici présent M'a d'un fort grand soufflet fait un petit présent.

LÉANDRE

A vous, monsieur?

l'intimé.

A moi, parlant à ma personne.

Ilem, un coup de pied; plus, les noms qu'il me donne.

LÉANDRE

Avez-vous des témoins?

l'intimé.

Monsieur, tàtez plutôt :

Le soufflet sur ma joue est encore tout chaud.

LÉANDRE

Pris en flagrant délit, affaire criminelle.

CHICANEAU

Foin de moi 1

l'intimé.

Plus , sa fille , au moins soi-disant telle ' ,

A mis un mien papier en morceaux, protestant

Qu'on lui ferait plaisir, et que d'un œU content

Elle nous défiait.

LÉANDRE, à l'Intimé.

Faites venir la fille.

L'esprit de contumace est dans cette famille.

CHICANEAU, à part.

Il faut absolument qu'on m'ait ensorcelé : Si j'en connais pas un, je veux être étranglé*.

* Au moins soi-disant telU est fort plaisant, en ce qu'on y retrouve la réserve ordinaire du langage des gens de justice*, qui parlent toujours comme s'ils verbalisaient, c'est-à-dire en gardant bien de rien affirmer, si ce n*est à bon escient. On ne relève ici une si petite chose que parce qu'elle tient à cette vérité habituelle du dialogue et des mœurs , si essentielle au comique; et Ton a cru devoir ne rien dire sur la quantité prodigieuse de traits bien plus saillants en plaisanterie;, parce qu'ils se présentent en foule , et que tout le monde peut les sentir. { L.)

^ Pas est de trop ; mais il donne au vers une tournure plus comique

LEANDRE

Comment! battre un huissier! Mais voici la rebelle.

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