MONIME, MITHRIDATE
Enfin j'ouvre les yeux, et je me fais justice : C'est faire à vos beautés un triste sacrifice. Que de vous présenter, madame, avec ma foi. Tout l'âge et le malheur que je traîne avec moi. Jusqu'ici la fortune et la victoire mômes'
' On est d'accord depuis longtemps sur le petit artifice dont se sert Mithridate pour arracher le secret de Monime : ce ne serait pas même une excuse suffisante, que la conformité naturelle du moyen avec la dissimulation naturelle du roi de Pont. C'est assez que ce moyen convienne à r Harpagon de Molière , pour que le Mithndate de Racine ne doive pas y descendre. La Véritable excuse , celle qui ne détruit pas le défaut , mais qui en sauve l'effet , c'est que la scène produit de la terreur, et qu'à ce mot,
Seigneur, vous changez de visage !
le spectateur frémit. Cette apologie est la même que celle de Néron; elle est valable, et doit être admise. Quand Tefifet relève le moyen , l'un justifie l'autre , à moins que le moyen ne soit hors de la raison et de la nature ; car jamais rien de faux n'est excusable. Il vaudrait encore mieux, sans doute , n'avoir besoin d'aucune espèce de justification ; et c^est en* core Racine qui a le plus souvent cet avantage. ( L. )
' Mêmes est ici adverbe, et non adjectif; il ne peut donc prendre le