SCÈNE I
MONIME, PHOEDIME.
MOiaHE.
Phœdime y au nom des dieux ^ fais ce que je désire :
Va voir ce qui se passe ^ et reviens me le dire.
Je ne sais; mais mon cœur ne se peut rassurer :
Mille soupçons affreux viennent me déchirer.
Que tarde Xipharès? et d'où vient qu'il diffère
A seconder des vœux qu'autorise son père?
Son père, en me quittant, me l'allait envoyer...
Mais il feignait peuirètre. H fallait tout nier.
Le roi feignait 1 Et moi , découvrant ma pensée . . .
0 dieux ! en ce péril m'auriez-vous délaissée :
Et se pourraitril bien qu'à son ressentiment
Mon amour indiscret eût livré mon amant?
Quoi, prince! quand tout plein de ton amour extrême
Pour savoir mon secret tu me pressais toi-même ,
Mes refus trop cruels vingt fois te l'ont caché;
Je t'ai même puni de l'avoir arraché ;
Et quand de toi peuirètre un père se défie.
Que dis-je ? quand peuirètre il y va de ta vie ,
Je parle; et, trop facile à me laisser tromper.
Je lui marque le cœur où sa main doit frapper!
PHOEDIME.
Ah! traitez-le, madame, avec plus de justice;