‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 308 sur 326 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MONIME, PHOEDIME.

MOiaHE.

Phœdime y au nom des dieux ^ fais ce que je désire :

Va voir ce qui se passe ^ et reviens me le dire.

Je ne sais; mais mon cœur ne se peut rassurer :

Mille soupçons affreux viennent me déchirer.

Que tarde Xipharès? et d'où vient qu'il diffère

A seconder des vœux qu'autorise son père?

Son père, en me quittant, me l'allait envoyer...

Mais il feignait peuirètre. H fallait tout nier.

Le roi feignait 1 Et moi , découvrant ma pensée . . .

0 dieux ! en ce péril m'auriez-vous délaissée :

Et se pourraitril bien qu'à son ressentiment

Mon amour indiscret eût livré mon amant?

Quoi, prince! quand tout plein de ton amour extrême

Pour savoir mon secret tu me pressais toi-même ,

Mes refus trop cruels vingt fois te l'ont caché;

Je t'ai même puni de l'avoir arraché ;

Et quand de toi peuirètre un père se défie.

Que dis-je ? quand peuirètre il y va de ta vie ,

Je parle; et, trop facile à me laisser tromper.

Je lui marque le cœur où sa main doit frapper!

PHOEDIME.

Ah! traitez-le, madame, avec plus de justice;

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