‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 309 sur 326 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Un grand roi descend-il jusqu'à cet artifice ' ? A prendre ce détour qui Taurait pu forcer ? Sans murmure à Tautel vous l'allie]^ devancer. Voulait-il perdre un fils qu'il aime avec tendresse Jusqu'ici les effets secondent sa promesse : Madame^ il vous disait qu'un important dessein^ Malgré lui^ le forçait à vous quitter desaûn : Ce seul dessein Tocoupe; et ^ h&tani son voyage , Lui-même ordonne tout ^ présent sur le rivage; Ses vaisseaux en tous lieux se chargent de soldats > Et partout Xipharés accompagna ses pas^ D'un rival en fureur esi-ce là la conduite? Et voit*on ses discours démenti&par la suite'?

MONIME

Phamace cependant^ par son ordre arrêté^ Trouve en lui d'un rival toute la dureté. Phœdime, à Xipharés fera-t-il plus de grâce?

PHOEDIME.

C'est l'ami des Romains qu'il punit en Pharnace : L'amour a peu de part à ses justes soupçons.

MONIME

Autant que je le puis^ je cède à tes raisons; Elles calment un peu l'ennui qui me dévore. Mais pourtant Xipharés ne parait point encore.

' Il fallait que Racine méprisât beaucoup TobjectiiHk à laquelle da grands littérateurs ont attaché tant (l*importance, pour mettre lui-même dans la bouche d*une confidente la critique de cette ruse. Cette critique est fort t(&ibEe par le yevs suivant :

A prendre oe détour qié l'aurait pa forcer?

car bien des m&àSa forçaient Mithridate à prend)re ce détour : c*était même le seul moyen qu'il eût en son pouvoir pour pénétrer dans le cœur deBlonime. (G.)

' Par la suAte est va^ud ; ÎL faut enteadve : jp«r ks acHofwi q<iiA9ni$9ùvi les discours de Mithridate. ( G. )

phoedhue.

Vaine erreur des amants , qui , pleins de leurs désirs , Voudraient que tout céd&t au soin de leurs plaisirs ! Qui^ prêts à s'irriter contre le moindre obstacle. . .

MONIHE.

Ma Phœdime^ eh ! qui peut concevoir ce miracle? Après deux ans d'ennuis , dont tu sais tout le poids , Quoi I je puis respirer pour la première fois ! Quoi ! cher prince, avec toi je me verrais unie ! Et loin que ma tendresse eût exposé ta vie , Tu verrais ton devoir, je verrais ma vertu , Approuver un amour si longtemps combattu ! Je pourrais tous les jours Rassurer que je f aime t Que ne viens-tu?

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