‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 4 sur 326 · L'INTIMÉ, PETIT-JEAN · texte numérisé non relu

L'INTIMÉ, PETIT-JEAN

l'intimé*.

Hé, PetiWean ! Petit-Jean!

PETIT-JEAN

L'Intimé!

(à part. }

Il a déjà bien peur de me voir enrhumé.

' La pièce d'Aristophane s*oayre comme celle-ci. On voit deux esclaves, Xantbias et Sosie, couchés à la porte d'une salle basse où le juge est enfermé; le sommeil les accable ; ils font des contes pour se tenir éveillés, se communiquent leurs songes, qui sont pour nous autant d*énigmes satiriques , et finissent par plusieurs détails sur la folie de leur prisonnier. La différence des mœurs en met une si grande dans les signes extérieurs de la même passion, que nous ne pourrions entendre la moitié des traits employés par ces esclaves pour décrire la maladie de Philocléon. Dans cette scène. Racine n'a guère emprunté d'Aristophane que cette plaisanterie :

U fit cooper la tète à aoa ooq, de oolère, etc. ; et l'auteur français est très-supérieur par le mérite du tour et de Texpression. (G.)

' Racine a emprunté ce nom d'/ntimé à la comédie de l'Hôpital des Fùus, de Beys, imprimée chez Quinet en 1639. Dans cette comédie* Beys fait paraître un plaideur que la perte d'un procès a rendu fou. I.es vers que le poête'met dans la bouche du plaideur sont assez comiques, et Racine en a profité ; en voici quelques-uns :

C'est en yain que J'espère s Mes raisons sont de pcrids , mais ma boorse est légère. Ces procareurs de nom, et trompeurs.en effet , Disent avec raisoD qn'ils prennent Uen mon fait ; Us ont osé vers mol de toute leur malice : J'ai plus fait de détours que n'en a fait Ulysse. Après avoir enfin couru mille chemins, Ils m*ont pour mon argent laissé des pardiemins. Tous mes Mens sont perdus , la source en est tarie : Car je porte en ces sacs toute ma métairie , etc^

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