‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 3 sur 326 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Je lui disais parfois : a Monsieur Perrin-Daudin ^

« Tout franc^ vousyous levez tous les jours trop oiatin.

« Qui veut voyager loin ménage sa monture;

(( Buvez ^ mangez^ dormez^ et faisons feu qui dure. »

11 n'en a tenu compte. U a si bien veillé

Et si bien fait y qu'on 'dit que son timbre est brouillé ^

11 nous veut tous juger les uns après les autres.

Il marmotte toujours certaines patenôtres

Où je ne comprends rien. Il veut^ bon gré^ mal gré ,

Ne se coucber qu'en robe et qu'en bonnet carré.

Il fit couper la tète à son coq , de colère^

Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire;

U disait qu'un plaideur dont l'affaire allait mal

Avait graissé la patte à ce pauvre animal.

Depuis ce bel arrêt ^ le pauvre bomme a beau faire ^

Son fils ne souffre plus qu'on lui parle d'affaire

Il nous le fait garder jour et nuit, et de près :

Autrement^ serviteur^ et mon bomme est aux plaids.

Pour s'échapper de nous^ Dieu sait s'il est alègre.

Pour moi, je ne dors plus : aussi je deviens maigre ;

C'est pitié. Je m'étends , et ne fais que bâiller.

Mais, veille qui voudra, voici mon oreiller.

Ma foi, pour cette nuit il faut que je m'en donne !

r enfant» fax couché cetU nuit à Paris: le second s'emploie avec le verbe substantif : je me suis couché. Le poêle a donc oiTen^ la grammaire s'il a dit : U V serait couché, au lieu de il s'y serait couché. ( G. ) — Racine le fils dit positivement que c'est une erreur typographique, propagée par la négligence des premiers éditeurs. Remarquons cependant avec Tabbé d'Olivet que il y aurait couché serait une phrase plus correcte.

' Cette métaphore est défectueuse. On dira bien qu'un timbre est fêlé , parce qu'il peut se fendre; mais on ne dira pas qu'il est brouillé , les parties qui le composent n'étant pas susceptibles de se mêler. Il est vrai que le mot timbre est ici employé pour cerveau ; mais ce qui peut se ûive du cerveau, à cause de la confusion des idées, ne peut être appliqué à un timbre, qui ne peut jamais offrir l'image du désordre.

iO LES PLAIDEURS.

Pour dormir dans la rue on n'offense personne. Dormons ^

[ 11 se concile p«r tcrrt. )

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