ACTE I, SCÈNE I
Je lui disais parfois : a Monsieur Perrin-Daudin ^
« Tout franc^ vousyous levez tous les jours trop oiatin.
« Qui veut voyager loin ménage sa monture;
(( Buvez ^ mangez^ dormez^ et faisons feu qui dure. »
11 n'en a tenu compte. U a si bien veillé
Et si bien fait y qu'on 'dit que son timbre est brouillé ^
11 nous veut tous juger les uns après les autres.
Il marmotte toujours certaines patenôtres
Où je ne comprends rien. Il veut^ bon gré^ mal gré ,
Ne se coucber qu'en robe et qu'en bonnet carré.
Il fit couper la tète à son coq , de colère^
Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire;
U disait qu'un plaideur dont l'affaire allait mal
Avait graissé la patte à ce pauvre animal.
Depuis ce bel arrêt ^ le pauvre bomme a beau faire ^
Son fils ne souffre plus qu'on lui parle d'affaire
Il nous le fait garder jour et nuit, et de près :
Autrement^ serviteur^ et mon bomme est aux plaids.
Pour s'échapper de nous^ Dieu sait s'il est alègre.
Pour moi, je ne dors plus : aussi je deviens maigre ;
C'est pitié. Je m'étends , et ne fais que bâiller.
Mais, veille qui voudra, voici mon oreiller.
Ma foi, pour cette nuit il faut que je m'en donne !
r enfant» fax couché cetU nuit à Paris: le second s'emploie avec le verbe substantif : je me suis couché. Le poêle a donc oiTen^ la grammaire s'il a dit : U V serait couché, au lieu de il s'y serait couché. ( G. ) — Racine le fils dit positivement que c'est une erreur typographique, propagée par la négligence des premiers éditeurs. Remarquons cependant avec Tabbé d'Olivet que il y aurait couché serait une phrase plus correcte.
' Cette métaphore est défectueuse. On dira bien qu'un timbre est fêlé , parce qu'il peut se fendre; mais on ne dira pas qu'il est brouillé , les parties qui le composent n'étant pas susceptibles de se mêler. Il est vrai que le mot timbre est ici employé pour cerveau ; mais ce qui peut se ûive du cerveau, à cause de la confusion des idées, ne peut être appliqué à un timbre, qui ne peut jamais offrir l'image du désordre.
iO LES PLAIDEURS.
Pour dormir dans la rue on n'offense personne. Dormons ^
[ 11 se concile p«r tcrrt. )