ACTE II, SCÈNE Xllï
Si vous êtes pressé de rendre la justice^
11 ne faut point sortir pour cela de ehez vous :
Exercez le talent ^ et jugez parmi nous.
DANDIN
Ne raillons point ici de la magistrature : Vois-tu? je ne veux point être juge en peinture.
LÉANDEE.
Vous serez ^ au contraire^ un juge sans appel ^
£t juge du civil comme du criminel.
Vous pourrez tous les jours tenir deux audiences :
Tout vous sera chez vous matière de sentences.
Un valet man<]u&-1ril de rendre un verre net?
Condamnez-le^ à Tamende^ ou^ s'il le casse ^ au fouet.
DÂNDIN.
C'est quelque chose. Encor passe quand on raisonne . Et mes vacations ^ qui les paiera? Personne?
LBANDRE.
Leurs gages vous tiendront lieu de nantissement.
DANDIN
Il parle ^ ce me semble^ assez pertinemment.
LÉ ANDRE
Contre un de vos voisins*. . .
' Voilà le seul exemple qui reste, dans tout Bacine, d'un U pronom relatif mis après son verbe, et devant un mot qui commence par une voyelle : encore faut-il observer que cela se trouve dans une comédie. Mais, dans les premières éditions de la Thébatde et de son Alexandre, il y en avait cinq ou six autres exemples , qu^il a tous réformés dans les éditions suivantes. D a doBC senti que te, placé ainsi, blesse Tor^lle. (0*0.)
* Cette scène et la suivante sont prises d'Aristophane. Nous citerons un passage qui prouvera combien Racine est au-dessus de son modèle.
Philocléon. Plutôt mourir que de renoncer au plaisir de juger !
Rdêltcléoh. Eh bien, mon père , jugez ; mais n'allez plus au ban'eau ; jugez' dans votre maison.
Philocléon. Et sur quoi jugerai-je? Tu te moques de moi.
Bdélycléoiî. Faites ici ce qu*^ vous faisiez là. Une servante a-t-ellc