‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 47 sur 326 · LÉANDRE, LE SOUFFLEUR · texte numérisé non relu

LÉANDRE, LE SOUFFLEUR

LÉANDRE

Je me sers d'un étrange artifice :

Mais mon père est un homme à se désespérer; Et d'une cause en Tair il le faut bien leurrer.

Hé , monsieor ! croyez-moi , quittez cette misère^

CHICANEAD.

Vraiment tous me domiez , etc.

Ce morceau est remaïquabie en ce qu^il est tout entier dans le style du haut comique , et parfaitement dans ce genre , qui n'est pas celui de la pièce. C'est sans doute une des raisons qui ont engagé Tauteur à supprimer cet excellent couplet. Non-seulement il ne convient pas à Léandre de parler si mal de Tétat de juge, qui est celui de son père, mais il a tort de parler raison à ce fou qui réduit tout au pied de la chicane (comme il le dit lui-môme un moment après) , et dont il veut dans ce moment même mettre la folie à profit. Enfin le fond de ce couplet formait une disparate trop forte avec la scène bouffonne qui va suivre ; et , pour faire passer les petits chiens , il ne fallait pas écrire de ce ton. Mais il suffît d'un couplet de cette force pour faire sentir aux connaisseurs que Racine aurait pu lutter contre Molière dans la haute comédie. (L.)

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