ACTE UT, SCÈNE IIÏ
Parlez donc, avocat.
PETIT-JEAN
J'ai perdu la parole.
LÉANDRE
Achève, Petit-Jean : c'est fort bien débuté. Hais que font là tes bras pendants à ton côté? Te voilà sur tes pieds droit comme une statue. Dégourdis-toi. Courage 1 allons, qu'on s'évertue!
PETIT-JEAN, remaant les bnu.
Quand... je vois... Quand... je vois...
LÉANDBE.
Dis donc ce que tu vois .
PETIT-JEAN
Oh dame ! on ne court pas deux lièvres à la fois.
LE SOtFJ^ElTR.
On lit...
PETIT-JEAN
On lit. . .
LE SOUFFLEUR
Dans la...
PETIT-JEAN
Dans la...
LE SOUFFLEUR
Métamorphose. . .
PETIT-JEAN
Comment?
LE SOUFFLEUR
Que la métem...
PETIT-JEAN
Que la métem...
LE SOUFFLEUR
Psycose.;
PETIT-JEAN
Psycose...
LE SOUFFLEUR
Hé le cheval!
PETIT-JEAN
Et le cheval...
LE SOUFFLEUR
Encori
Encor...
PETIT-JEAN
LE SOUFFLEUR
Le chien !
PETIT-JEAN
Le chien...
LE SOUFFLEUR
Le butor!
PETIT-JEAN
Le butor.,,
LE SOUFFLEUR
Peste deTavocat!
PETTTnJEAN.
Ah! peste de toi-même! Voyez cet autre avec sa face de carême! Va-t'en au diable.
DANDIN
Et vous , venez au fait. Un mot Du fait*.
PETIT-JEAN
Hé ! fauiril tant tourner autour du pot? Us me font dire aussi des mots longs d'une toise ,
' Allasion et une anecdote da temps de Racine. Un avocat, plaidant pour un homme sur le compte duquel on voulait mettre un enfant , se perdait dans des détails absolument étranges à sa cause, ne sachant trop que dire sur une pareille question. Le juge lui criait sans cesse : Au fait! au foit! Enfin Tavocat, poussé à bout, interrompit brusquement ses digressions, et dit avec une grande volubilité : Le fait est un enfant de fait ; celui qu'on dit Vavùir fait nie le fait, VoUà le fait, ( L. B.)