ACTE III, SCÈNE III
DANDIN
Ma foi ! je n'y conçois plus rien* ; De monde, de chaos, j'ai la tête troublée. Hé! concluez.
L INTIME , lui préteatant d« petits chiens.
Venez, famille désolée; Venez, pauvres enfants qu'on veut rendre orphelins; Venez faire parler vos esprits enfantins '. Oui, messieurs, vous voyez ici notre misère : Nous sommes orphelins ; rendez-nous notre père , Notre père, par qui nous fûmes engendrés , Notre père, qui nous. . .
DANDIN
Tirez, tirez, tirez.
l'intimé.
Notre père, messieurs. . .
Tirez donc. Quels vacarmes !
Ils ont pissé partout.
l'intimé.
Monsieur, voyez nos larmes'.
DANDIN
Ouf! Je me sens déjà pris de compassion. Ce que c'est qu'à propos toucher la passion ! Je suis bien empêché. La vérité me presse; Le crime est avéré; lui-même il le confesse. Mais s'il est condamné , l'embarras est égal : Voilà bien des enfants réduits à l'hôpital. Mais je suis occupé, je ne veux voir personne.
' Var. Je n'y connais plus rien.
2 ViR. Venez faire parler vos soupirs enfantins.
^ Var. Monsieur, ce sont leurs larmes.