‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 54 sur 326 · ACTE III, SCÈNE III. u · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III. u

L INTIME^ d'un ton p«Mot.

Puis donc, qu'on nous, permet, de prendre, Haleine, et que l'on nous défend, de nous, étendre, Je vais, sans rien omettre, et sans prévariquer, Compendieusement énoncer, expliquer.

Exposer à vos yeux, Tidée universelle De ma cause, et des faits, renfermés, en icelle *.

DANDIN

U aurait plus tôt fait de dire tout vingt fois , Que de Tabréger une. Homme, ou qui que tu sois , Diable, conclus; ou bien que le ciel te confonde!

l'intibié.

Je finis.

Ah!

L'iNTIHfi.

Avant la naissance du monde...

DÂin)IN, bâillant.

Avocat y ah! passons au déluge.

l'intimé.

Avant donc La naissance du monde, et sa création , Le monde, l'univers , tout , la nature entière Était ensevelie au fond de la matière.

Les éléments^ le feu, l'air, et la terre ^ et Teau, Enfoneés, entassés, ne faisaient qu'un môneeau , Une confusion^ une masse sans forme.

Un désordre, un chaos, une cohue énorme :

UnGS ERAT TOTOflATUBiB YCLTUSIN ORBE,

QlTKlf GrJECI BIXERE chaos, RtTBfS INDMfiSTAQUE MOLES*.

( Dcnftitt e«4omi se IniMe Umker.

' NouB avons rétabli la ponctuation de 086 six vers telle qu'elle est dans rédition die 1697, la dernière donnée par Racine. Cette ponctuation ÎD&que asseE la manière dont ces six vers dmvent être prononcés.

» a L'univers n'offrait qu'un aspect informe , masse gtosùère et cou-

LËANDRE.

Quelle chute ! mon père !

PETIT-JEAN

Ay, monsieur! Comme il dort !

LÉÂNDRE.

Mon père , éveillez-vous.

PETIT-JEAN

Monsieur^ étes-vous mort?

LÉANDRE

Mon père l

DANBIN.

Hébien, hé bien? Quoi? qu'est-ce? Ah, ah! quelhomme! Certes, je n'ai jamais dormi d'un si bon somme.

LÉANBRË.

Mon père, il faut juger.

DANDIN

Auxgedères*.

LÉANDRE

Un chien

Aux galères f

« fuse , à laquelle les Grecs donnèrent le nom de chaos. » ( MétamorphoHs d*Omde, liy. I , v. 6 et 7^ ) — Le mot Grœci n*est pas dans Ovide, et ce vers a ua pied de trop. Peut-être Radne a-t-il voulu se moquer des avocats qui citaient à tous propos, et citaient souvent mal.

' Un juge avait dormi pendant toute une audience : on lui demanda son avis ; il répondit , en se frottant les yeux : Je suis de favis de M*** ; et ce monsieur n*y était pas. Un autre était assoupi pendant qu*on exposait la cause d'un homme qui avait commis un délit dans un pré : A quoi condamnez-vous f lui dit-on, le coupable? — A être pendu t s'écriat-il en s'éveillant. — Comment! lui dit-on, il s'agit d'un pré. — Qu'on le fauche. Dans la comédie des Guêpes , le juge veut pareillement envoyer le chien Labès aux corbeaux. C'étaient des poulies auxquelles on suspendait les esclaves coupables, les mains attachées derrière le dos , pour leur donner les étrivières. (L. B, )

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