ACTE m, SCENE IV
ISABELLE
Ah ! monsieur^ je vous crois.
DANDIN
Dis-nous : à qui veux-tu faire perdre la cause?
ISABELLE
A pereonne.
OANDIN .
Pour loi je ferai toute chose.
Parle donc.
ISABELLE
Je vous ai trop d'obligation.
DANDIN
N'avez- vous jamais vu donner la question * î
ISABELLE;
Non ; et ne le verrai , que je crois , de ma vie.
DANDIN
Venez, je vous en veux faire passer l'envie.
ISABELLE
Hé! monsieur, peut-on voir souffrir des malheureux?
DANDIN
Bon î Cela fait toujours passer une heure ou deux.
CHICANËAU.
Monsieur, je viens ici pour vous dire...
Mon père , Je vous vais en deux mots dire toute Taffaire : C'est pour un mariage. Et vous saurez d'abord Qu'il ne tient plus qu'à vous, et que tout est d'accord.
' Thomas Diafoirus, dans le Malade imafrinaire, iait.une proposition de ntéme espèce à Angélique, en Tinvitant à assister à une dissection. (Acte II, se. VI.)
Que ne aie dWei-VQW que Yout éties son pèie? ert tm trait dunnani : celui de la question est aanglaot , et T on ae peut nier que la cruelle indifférence des juges n'y ait trop souvent donné lieu. l^sinanvrâesIdBfoaxtlesiBaavsiBesBMBins. (L.)
La fille le veut bien ; son amant le respire ' ; ^ Ce que la fille veut, le père le désire. C'est à vous de juger.
BÂNDIN, «e rasseyant.
Mariez au plus t^t :
Dès demain, si Ton veut ; aujourd'hui , s'il le faut.
LÉANDRE
Mademoiselle , allons, voilà votre beau-père : Saluez-le.
CHIGANEAU.
Comment ?
DANDIN
Quel est donc ce mystère?
LÉANDRE
Ce que vous avez dit se fait de point en point.
Puisque je Tai jugé, je n'en reviendrai point.
CmCANEAU.
Mais on ne donne pas Une fille sans elle.
LÉANDRE
Sans doute; et j'en croirai la charmante Isabelle.
CHIGANEAU.
Es-tu muette? Allons, c'est à toi de parler. Parle.
ISABELLE
Je n'ose pas, mon père, en appeler*.
' On dit figurément respirer la guerre ^ la vengeance, les plaisirs, etc., pour désirer ardemment ; et alors respirer prend le régime direct, comme désirer, mais seulement dans les choses qui sont Tobjet d*une passion habituelle. Quand il s'agit d'un fait, d'un événement, comme ici le mariage, respirer ne s'emploie qu'avec la négative et le régime indirect. Elle ne respire qu*après le mariage, le retour, la convalescence de son fils. C'est, je crois, le seul terme impropre qu'il y ait dans toute cett<? pièce. (L.)
' Ce mot est bien dans le style de la chose et dans la nature du si^et.