SCÈNE II
BURRHUS
Enfin, Burrhus^ Néron découvre son génie *.
Cette férocité que tu croyais fléchir
De tes faiMes liens est prête à s'affranchir.
En quels excès peut-être elle va se répandre!
0 dieux! en ce malheur quel conseil dois-je prendre?
Sénèque^ dont les soins me devraient soulager %
Occupé loin de Rome , ignore ce danger.
Mais quoi! si d'Agrippine excitant la tendresse.
Je pouvais... La voici : mon bonheur me l'adresse.
Néron n*est pas un amant, ni Burrhus un rhéteur. Celui-ci n'a dit qu'un mot, et n'a insisté que sur lesœnsidérations politiques ; il a parlé en ministre et en homme sage. Et quel art dans la réponse de Néron ! quelle déférence apparente pour la capacité de Burrhus! et quel air de i^espect dans cette crainte affectée de compromettre la sérérité d'un homme d'État dans des intérêts d'amour ! Observez que Néron parle toujours, dans cette pièce, avec noblesse et avec dignité; il devait être «Keux , et non pas vil et petit. ( L. ) — On trouve dans la tragédie d'Ortavt^, attribuée à Sénèque , une scène semblable entre Néron et
Sénèque. Nous avons traduit cette scène. V(^ez les notes à la fin de la pièce.
' Var. Hé bien , Burrhus , Néron découvre son génie ! ' Ce vers et le suivant ont été conservés de la grande scène supprimée entre Burrhus et Narcisse. (G. )
RAONI. — T. U. 10
H6 BRlTANNîCUS.