LES FERS BRISÉS
Enfin j'échappe à l'esclavage; D'un fol amour je me dégage; Enfin le calme est dans mon cœur.
Je n'y caresse plus l'image De l'amant coquet et volage Qui s'est joué de mon bonheur.
Fuyant son baiser sacrilège , J'ai vu , sans être prise au piège , Son œil menteur rempli d'amour.
Sa voix , et flatteuse et timide , M'a peint son repentir perfide ; Mais je fus coquette à mon tour.
En vain son orgueil , que j'abhorre , Cherche à me subjuguer encore
Par de nouveaux empressements; L'ingrat n'aura plus ma tendresse; Je connais sa cruelle adresse Et la valeur de ses serments.
En paix je laisse ma rivale
A la félicité fatale
Qu'elle acheta de mes douleurs.
Ma rivale , hélas ! fut barbare ;
Mais les maux qu'elle se prépare
Sauront bientôt venger mes pleurs.
Oui, je sors enfin d'esclavage; D'un fol amour je me dégage ; Le calme renaît dans mon cœur.
Je n'y caresse plus l'image De l'amant coquet et volage Qui s'est joué de mon bonheur.