‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 70 sur 77 · LES FERS BRISÉS · texte numérisé non relu

LES FERS BRISÉS

Enfin j'échappe à l'esclavage; D'un fol amour je me dégage; Enfin le calme est dans mon cœur.

Je n'y caresse plus l'image De l'amant coquet et volage Qui s'est joué de mon bonheur.

Fuyant son baiser sacrilège , J'ai vu , sans être prise au piège , Son œil menteur rempli d'amour.

Sa voix , et flatteuse et timide , M'a peint son repentir perfide ; Mais je fus coquette à mon tour.

En vain son orgueil , que j'abhorre , Cherche à me subjuguer encore

Par de nouveaux empressements; L'ingrat n'aura plus ma tendresse; Je connais sa cruelle adresse Et la valeur de ses serments.

En paix je laisse ma rivale

A la félicité fatale

Qu'elle acheta de mes douleurs.

Ma rivale , hélas ! fut barbare ;

Mais les maux qu'elle se prépare

Sauront bientôt venger mes pleurs.

Oui, je sors enfin d'esclavage; D'un fol amour je me dégage ; Le calme renaît dans mon cœur.

Je n'y caresse plus l'image De l'amant coquet et volage Qui s'est joué de mon bonheur.

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