‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 71 sur 77 · LE SOUPÇON INJUSTE · texte numérisé non relu

LE SOUPÇON INJUSTE

Le monde a tort quand il soupçonne Que Célicour est mon amant; On se trompe à rattachement Que je marque pour sa personne.

Je distingue dans Célicour Un cœur noble , un grand caractère ; Ma tendresse à ses yeux est chère ; Nous nous aimons , mais non d'amour.

J'aime à penser qu'après sa mère Sur son cœur j'ai les premiers droits : De tous les hommes que je vois Il est celui que je préfère.

Mes désirs sont comblés le jour Où je jouis de sa présence ;

M;ms je suis Calme eD sou absence :

[Non , pour lui je n'ai point d'amour.

Dans nos cercles , dès qu'il arrive , Il court de ses bras m'enlacer, Et ne craint point de m'embrasser Aux yeux d'une foule attentive :

A son doux baiser à mon tour Je réponds par un baiser tendre ; Oserais-je donc le lui rendre , Si c'était un baiser d'amour ?

Sa gloire fait mon bien suprême ; Sans rougir je puis l'avouer; Car j'aime à l'entendre louer Par la voix de mon sexe même.

Je perdrais sans regret le jour Pour sauver sa tête chérie ; Mais je lui donnerais ma vie, Quand un autre aurait mon amour.

3oo CHANSONS

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