‹ uvres poétiquesChapitre 28 sur 79 · B, D, sanglot · texte numérisé non relu

B, D, sanglot

En fin de foiblesse aggraué Auprès de la mer i'arriuay, En m'y trainant à toute peine.

Le flot de la mer vient lécher En ceste coste vn grand rocher Dont le flanc luy sert de leuee, le vins là rendre les abois Dans vne grotte qu'autres-fois Les Bergers peut-estre ont cauee.

Et pensant que là le sommeil Par pitié me deust fermer l'œil :

Le fier souuenir que i'abhorre, Et qui me tourmente si fort M'aprit que c'estoit à la mort, Et non au sommeil de le clorre.

Car de cent pensers pleins d'ennuy, Qui s'amassèrent auec luy, Sentant mon ame poursuiuie, le creu que pour sortir des mains De tant de bourreaux inhumains Il falloit sortir de la vie.

Pensers de ma mort seuls tesmoins

(Leurs dis-ie) attendez pour le moins

Que i'escriue qu'en ceste place

Mourut vn si fidelle Amant,

Et puis ie feray librement

Ce que vous voulez que ie face.

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