‹ uvres poétiquesChapitre 45 sur 79 · A ELLE MESME · texte numérisé non relu

A ELLE MESME

Si c'est quelque chose certaine Que l'ambre soit venu des pleurs, Par qui les filles de Climene Firent cognoistre leurs douleurs, Et que les perles soient encore Des larmes que verse l'Aurore ;

O que ces perles ordinaires

Et cet ambre dont tu te sers,

Présagent de longues misères

A ceux qui, viuants dans tes fers.

Avec leurs larmes se promettent

D'atteindre au bon-heur qu'ils souhaittent.

11 ne faut donc pas que l'on pense

De t'aymer sans viure en tourment,

Ny de souffrir en espérance

De trouuer de l'alegement

Ou du repos en ses alarmes, j^

Puis que tu n'aymes que les larmes.

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