‹ uvres poétiquesChapitre 50 sur 79 · CLORIS SE DEFFENT CONTRE DORINDE I7I · texte numérisé non relu

CLORIS SE DEFFENT CONTRE DORINDE I7I

\ussy crovois-ie bien qu'après vn long martire

Il s'estoit peu guérir, ^uand ie sceu qu'il viuoit depuis qu'il me vint dire

Ou'il s'en alloit mourir.

.ngrate (me dit-il) pour t'auoir bien seruie

Adorant ta beauté, e vois bien qu'à la fin tu m'osteras la vie

Après la liberté.

LrC mal qui m'afoiblit me contrainct de me rendre

Après vn long effort, £t mes flames des-ja s'estouiFent dans leur cendre,

Et meurent par ma mort.

Ce grand feu dont l'ardeur me sembloit incurable

N'a plus tant de vigueur, Lt mon sein n'est plus rien qu'vn tombeau déplorable

Des cendres de mon cœur.

Fa rigueur en est cause en me forçant d'esteindre

Mon mal par mon trespas, ^uisque tu fuis l'amour, que mesme tu veux feindre

De ne cognoistre pas.

Tes beaux yeux, ô Cloris, te le feront cognoistre,

Si tu prens ton miroir, Car c'est dedans tes yeux que ie le vis paroistre

Lors que ie t'ozay voir.

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