‹ uvres poétiquesChapitre 49 sur 79 · ACCUSÉE · texte numérisé non relu

ACCUSÉE

DoRiNDE, croiriez vous qu'en la fin violente

DVn berger incensé, Accusant ma froideur iamais ie me repente

De ce qui s'est passé ?

C'est bien iniustement que ie suis poursuyuie

De la mort d'vn Amant, Autant déraisonnable en finissant sa vie

Que vous en m'en blasmant.

Car bien qu'il l'ait finie après l'auoir traînée

Si long-temps en langueur, Il en faut accuser son amour obstinée

Et non pas ma rigueur.

Et vrayment sans raison ie me vois accusée

De l'auoir tourmenté, Quand vous dites sa peine auoir esté causée

D'auoir veu ma beauté.

Titre. P, défend — z. P, insensé — 7. P, desraisonnablc — 15. DP - 1615, 1618, R 1642, sa peine auoit esté causée

lyO STANCES

S'il a receu du mal à cause qu'il l'a veuë,

Accusez en ses yeux Et s'il en faut blasmer ceux qui m'en ont pourueuë, 20 Accusez en les Dieux.

Que s'il est mort d'amour, c'est en vain qu'on estime

Que ie deuois l'aymer, Et qu'en le dédaignant ie fisse quelque crime 24 Dont on m'ait peu blasmer.

Car si i'ay deu l'aymer par ce qu'on l'oyoit plaindre

Qu'il viuoit soubs ma loy, On m'oblige d'aymer tous ceux qui pourront faindre 28 D'auoir du mal pour moy.

Par les souspirs menteurs & par les larmes feintes

Des Bergers de ce temps, Les Belles auiourd'huy seroient toutes contraintes ,2 De les rendre contents.

Bien serois-ie coulpable & la cause certaine

De son mal aduenu, Si par quelque promesse en sa poursuitte vaine 36 le l'eusse entretenu.

Mais sçachant qu'à ses feux mon oeil seruoit d'amorcei

Lorsque ie l'auois veu, le ne le voyois plus si ce n'estoit par force 1

.Q Ou bien à l'impourueu.

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