REINE
Vous par qui cet Autheur entreprit son ouurage, Empruntant du dessein autant que du courage, En sa perfection monstrez vous son appuy, L'Ouurier instruit par vous à ce soing vous oblige, Et luy mesme vous croit la racine & la Tige 6 Des Lauriers que l'honneur plante & cueille pour luy.
Vous les plantez vous mesme, aussi peut-il bien estre Que dans l'eau de ses Bains ses Lauriers puissent naistre, Vous estant l'Appollon qui l'auez là réduit, Près de son eau natale ainsi fut transformée En vn Laurier Daphné d'Appollon bien aymée, 12 Encor le fuyoit elle & celuy-cy vous fuit.
Isis dit autrefois à Teletuse enceinte, Quoy qu'il naisse de toy ne l'estoufFe de crainte. Ne crains point le trauail, ie te le randray doux. Vous donniez ce courage ains bien cette asseurance A l'Auteur qui doutoit de l'heureuse naissance i8 De l'Enfant né de luy, qui doit viure par vous.
A MONSIEVR DV LAVRENS 207
Aussi vient-il à vous tant pour auoir la vie Qu'il cspcre de vous, que pour la sainte enuie De voir ce grande Esprit de vertus ennobly, Croyez aussi de luy qu'aux sources souterraines, Ayant cherché par vous tant d'Eaux dedans leurs veines. Il n'a touché pour vous à celles de l'Oubly.
A MONSIEVR BERTAVT
SVR SES CANTIQVES
SONET
MoDELLE inimitable à la Postérité, Beaux vers, dVn bel esprit la durable merueille. Dissemblable à toute autre, à soy mesme pareille, 4 Chef d'œuure de nos ans, honte à l'antiquité.
Beaux vers, charmes puissans, par qui la Pieté D'vn merueilleux efFect par les yeux se reueille. Et retient quant Se quant ce grand Dieu par l'oreille 8 Lors que par nos péchez il se sent irrité.
le croy que quelques vns de la troupe des Anges, Pour t'apprendre ces vers, ces souspirs, ces louanges, II Quittèrent leur demeure, & vindrent en ces lieux :
Mais, Bertaut, quel besoin leur fut-il de descendre
De leurs cieux icy bas, pour ces beaux vers t'apprendre,
14 Puis que tousiours ton ame est entr'eux dans les Cieux i