A UAVTHEVR DE CE RECVEIL
[recveil de qvelqves vers amovrevx de Jean Bertaut\
SONET
Belle ame, clair miroir des âmes les plus nettes. Tes vers me font penser à ces deux ieunes Dieux Qu'on nous dépeint armez de feux, & de sagettes, Si puissantz en la terre & si grands dans les Cieux.
LVn est l'honneur de Cypre, & l'autre des Planettes, L'vn enflame les cœurs, l'autre éclaire les yeux, L'vn est Dieu des Amants, & l'autre des Poètes, Que d'vn semblable accez ilz rendent furieux.
Aussi par ces beaux vers, en qui l'on voit paroistre Leur Deité commune, on peut bien reconnoistre Que ton cœur à tous deux est vn Temple commun.
Et bien que de tout temps, auec de l'aparence
On ayt deu mettre entr'eux beaucoup de différence.
Ces vers montrent qu'en toy tous deux ilz ne sont qu'vn.
Ce sonnet est signe' De L'ingendes {sic).
[Sur LE IvGEMENT DE Paris de N. Renouard] A L'AVTHEVR
En ouurant ce discours, où la vieille querelle
Du prix de la beauté se renouuelle encor,
On voit bien qu'en donnant ton liure à la plus Belle
Tu fais ce que Paris fit de la pomme d'or :
Et ie croy qu'auiourd'huy tout le monde confesse
Que si contre Venus ceste belle Princesse
Eust alors débattu l'honneur de la Beauté,
Elle l'eust emporté. '