‹ Œuvres poétiques: Pernette; le livre d'un pèreChapitre 117 sur 117 · LA VIEILLE MAISON · texte numérisé non relu

LA VIEILLE MAISON

Tout était vieux, simple et commode Et tous les dons venaient du cœur.

Dans un jardin de quelques mètres Des fleurs, un arbre, un filet d'eau...

Et vous étiez les joyeux maîtres Du cerisier et du ruisseau.

Tandis que vous jetiez la ligne A des poissons toujours absents, Un canard blanc, que dis-je, un cygne Coulait vos vaisseaux menaçants.

Moi, plus que vous enfant, peut-être, Le cœur et les yeux grands ouverts, Je vous suivais de ma fenêtre Tout en griffonnant quelques vers.

Pour aimer ces vieux murs que j'aime, Songez à vos premiers ébats, A la bonté, toujours la même.

Qui nous rappelait tous là-bas.

Vous serez fidèles, j'espère, Aux souvenirs que je défends :

Amis, comme votre vieux père Restez toujours, restez enfants.

Hélas, après des funérailles, Voilà que des indifférents Vont remplacer dans ces murailles La dernière des grands parents.

3l6 LE LIVRE O'ON PÈRE.

Tous ces vieux meubles que J'enlève Aux chères places d'autrefois, Avec nous, sans repos ni trêve, Vont voyager sous d'autres toits.

Mais vous êtes encor les maîtres Du petit manoir consacré.

Certes, ce toit de vos ancêtres Ce n'est pas moi qui le vendrai !

Chacun va suivre sa carrière.

Puisque Dieu nous a dit : marchez !

Donc sans regarder en arrière, Tous au travail! allez, cherchez.

Dispersez-vous, la terre est grande !

Mais lorsqu'après un fier labeur Vous aurez fait ce que demande Le besoin, et surtout l'honneur,

Si l'un de vous, tendre et modeste, Fidèle, épris du souvenir, Dans l'humble maison qui nous reste S'applique, un jour, à revenir ;

S'il se fait sous ces vieilles pierres.

Un nid pour deux vrais amoureux, Celui-là, parmi tous ses frères.

Ne sera pas le moins heureux.

Septembre 1877.

TABLE

Pages.

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Dédicace ...» 3

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