LOIN DU FOYER
Enfin, voici la maison pleine !
Elle était aonibre, il y fait jour; On y gazouille à perdre haleine...
Les chers oiseaux sont de retour.
Voici rheure tant ajournée !
J'ai là tous ceux que j'y rêvais.
Vous tous, près de la cheminée, Enfants!... Et c'est moi qui m'en vais !
Quand la couvée est réunie,
Moi, qui d'eux tous ai tant besoin.
Je pars... quelle amère ironie!
Je pars seul et m'en vais bien loin.
a04 !•' i-iVRE d'un père.
Ma chambre était froide, était nue, J*y vivais morne et désolé...
Et quand la joie est revenue, Pourquoi donc me sais-je envolé?
On me disait : « Voici la neige Et les longues nuits sans sommeil, Le froid, l'épais brouillard, que sais-je?
Ton cœur a besoin de soleil.
« Va-t'en vers la terre odorante, La terre où fleurit l'oranger, Ot passa ta jeunesse errante, Où tu n'es pas un étranger.
« Bien souvent tu menas ton rêve A travers champs, sur ces hauteurs Où chacun de nos pas soulève Un flot d'ineffables senteurs.
« Tu sais qu'on y respire un baume.
Et que son soleil tout-paissant Refait, atome par atome, Les trésors de Tâme et du sang.
« Tu la connais, cette nature.
Si riche d'ardentes couleurs, Où le vers fleurit sans culture, Entre les vignes et les fleurs.
C'est là qu'à ta pensive aurore, La Muse, à travers les buissons.