‹ Œuvres poétiques: Pernette; le livre d'un pèreChapitre 66 sur 117 · LOIN DU FOYER · texte numérisé non relu

LOIN DU FOYER

Enfin, voici la maison pleine !

Elle était aonibre, il y fait jour; On y gazouille à perdre haleine...

Les chers oiseaux sont de retour.

Voici rheure tant ajournée !

J'ai là tous ceux que j'y rêvais.

Vous tous, près de la cheminée, Enfants!... Et c'est moi qui m'en vais !

Quand la couvée est réunie,

Moi, qui d'eux tous ai tant besoin.

Je pars... quelle amère ironie!

Je pars seul et m'en vais bien loin.

a04 !•' i-iVRE d'un père.

Ma chambre était froide, était nue, J*y vivais morne et désolé...

Et quand la joie est revenue, Pourquoi donc me sais-je envolé?

On me disait : « Voici la neige Et les longues nuits sans sommeil, Le froid, l'épais brouillard, que sais-je?

Ton cœur a besoin de soleil.

« Va-t'en vers la terre odorante, La terre où fleurit l'oranger, Ot passa ta jeunesse errante, Où tu n'es pas un étranger.

« Bien souvent tu menas ton rêve A travers champs, sur ces hauteurs Où chacun de nos pas soulève Un flot d'ineffables senteurs.

« Tu sais qu'on y respire un baume.

Et que son soleil tout-paissant Refait, atome par atome, Les trésors de Tâme et du sang.

« Tu la connais, cette nature.

Si riche d'ardentes couleurs, Où le vers fleurit sans culture, Entre les vignes et les fleurs.

C'est là qu'à ta pensive aurore, La Muse, à travers les buissons.

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